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Économie

Hans Landry Ivala : "Dans 10 ans, Pizolub sera une entreprise capable de conjuguer performance industrielle, responsabilité sociale/sociétale et souveraineté économique"

Hans Landry Ivala , directeur général de Pizolub.

L'UNION• À votre arrivée, quelle était la situation de Pizolub ? Et où en est aujourd'hui le processus de recapitalisation lancé fin 2023 ?

-Hans Landry Ivala : À mon arrivée en janvier 2025, j’ai fait le constat d’une entreprise à la fois résiliente et stratégique. Pizolub est un acteur clé de l'industrie gabonaise, mais il est vrai qu'il a traversé une période complexe ces huit dernières années, en raison de problèmes de gouvernance passés et d'un marché des lubrifiants marqué par une concurrence déloyale. Pour autant, les fondamentaux sont solides. Nous nous appuyons sur le savoir-faire d'un personnel fidèle et expérimenté, qui préserve la qualité de nos produits depuis 46 ans, ainsi que sur l'appui déterminant de l'État pour réussir ce redressement. Le processus de recapitalisation initié fin 2023 a été effectif en 2025 en permettant notamment de faire entrer la Gabon Oil Company (GOC) dans le capital de Pizolub et de restructurer les capitaux propres de la société. Cette recapitalisation sécurise notre trajectoire financière et nous donne les moyens de déployer sereinement notre stratégie de croissance.

Vous aviez annoncé un retour à l'équilibre avant septembre 2025. Cet objectif a-t-il été atteint ? À combien s'élève aujourd'hui la dette de l'entreprise, qui était estimée entre 12 et 13 milliards FCFA en 2025 ?

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-Il me paraît judicieux de repréciser nos perspectives en 2025. Il ne s’agissait pas d’un retour à l’équilibre au sens de la reprise d’un niveau de production qui nous permettrait de supporter nos charges de fonctionnement et d’investissement, mais plutôt d’un retour à des capitaux propres positifs avant septembre 2025 pour éviter le fort risque de mise en liquidation de l’entreprise au regard des dispositions pertinentes en la matière de l’Acte uniforme OHADA. C’est ce qui a été fait au travers du processus de recapitalisation effectué l'an dernier. Les chiffres que vous évoquez font référence à la dette de la société vis-à-vis de l’État qui s’élevait à 12,45 milliards FCFA au 30 juin 2025. Dans le cadre du processus de recapitalisation, cette dette a été ramenée à 55 millions de francs CFA. Au regard du rapport du commissaire aux comptes relatif au dernier exercice comptable clos, à savoir celui de l’année 2025, la dette de l’État s’élève à 1,319 milliard FCFA. Cette dette est la conséquence directe de la non atteinte jusqu’alors du seuil minimum de 6 000 tonnes de produits vendus annuellement pour être à l’équilibre.

À quelles conditions ce seuil pourrait-il être atteint ?

-L’atteinte de ce seuil est conditionnée par une régulation plus accrue des importations des lubrifiants pouvant être formulés au sein de l’usine Pizolub. En effet, les problèmes de la société ont réellement commencé en 2013, lorsque l’État a ouvert la porte aux importations à plusieurs acteurs sur le marché des lubrifiants. Y compris aux clients historiques de Pizolub que sont les marketeurs. Cela a réduit significativement les parts de marché de l’entreprise. Les problèmes internes de gouvernance intervenus, quelques années après, ont fragilisé davantage son fonctionnement. Fort heureusement, l’arrêté n°000036/MP du 26 mars 2025 portant encadrement des conditions d’importation, de commercialisation et de formulation des lubrifiants en République gabonaise de mai 2026 laisse une période transitoire de douze mois aux acteurs pour s’y conformer. Aussi, nous espérons que l’année 2027 sera plus reluisante que 2026 avec notamment un dépassement du seuil minimum en termes de production et de ventes pour un retour à l’équilibre.

Depuis avril 2025, la GOC détient 71,20% du capital. En quoi cette prise de participation majoritaire a-t-elle fait évoluer la gouvernance et la stratégie d'investissement ?

-L’un des faits marquants de l’année 2025 est en effet l’entrée dans le capital de Pizolub, à hauteur de 71,20%, de la GOC. Toutefois, il est nécessaire de préciser que ce niveau de participation a été dilué lors de l’augmentation de capital par compensation des créances de l’État intervenue trois mois après, soit le 25 juillet 2025. La GOC détient jusqu’alors 31,73% du capital de l’entreprise. Cette dilution n’a pas restreint l’appui remarquable, indispensable et continu de la GOC, qui a notamment permis d’augmenter les volumes de lubrifiants formulés localement en veillant à ce que ses filiales et elle consomment le "Made in Gabon".

Une nouvelle augmentation de capital par compensation des créances de la GOC est envisagée avant le 31 décembre 2026 à l’issue de laquelle la GOC redeviendra actionnaire majoritaire de la société. S’agissant de la gouvernance, elle se fait conformément aux dispositions statutaires de la société. Sur le plan social, les salaires sont versés régulièrement. Pour rappel, c’était l’unique engagement pris devant le personnel lors de ma prise de fonction le 14 janvier 2025. Je confirme que les treize mois d’arriérés de salaire ont été soldés en 2024 par mon prédécesseur avec l’appui financier de la GOC. Pour preuve, le climat social est serein et constructif, il y a l’accord obtenu avec le personnel en juin 2026 relatif à un gel des revendications à caractère salarial pendant une période de trois ans. Cela prouve que nous atteignons nos objectifs. Dans 10 ans, Pizolub sera une entreprise capable de conjuguer performance industrielle, responsabilité sociale/ sociétale et souveraineté économique.

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