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Chroniques

[Miroir du gouvernement] - Crise à l’EEG : le gouvernement face à ses responsabilités

Juste KOMBILE MOUSSAVOU, journaliste, Responsable Rubrique - Politique à L'Union

La crise qui secoue l’Église évangélique du Gabon (EEG) n’est plus une simple querelle interne. Elle constitue désormais une épreuve pour l’État, pour la communauté protestante et pour la capacité des institutions à gérer un conflit sans l’aggraver ou interférence de toute sorte. Le gouvernement ne peut donc plus se contenter de constater la crise, il doit désormais contribuer à la dénouer. Non pas en choisissant un camp, encore moins en se substituant aux instances de l’Église, mais en assumant pleinement sa responsabilité de tutelle sur les affaires cultuelles.

Le Conseil des ministres du 18 septembre a confirmé cette orientation. Le directoire issu du Synode d’août reste suspendu à titre conservatoire, tandis que la médiation doit se poursuivre à travers une commission de bons offices chargée de mettre en place un bureau provisoire et de préparer un nouveau Synode. Un délai de trois mois est fixé pour sortir de l’impasse, faute de quoi des mesures administratives pourraient être prises.

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Ce dispositif produira-t-il le consensus ? Le révérend Jean Daniel Allogo Essimengane refuse de reconnaître la médiation et invoque les textes de l’Église pour défendre la légitimité de son élection. Le pasteur Moïse Ovono Menie revendique également la présidence. Le problème révèle un vide juridique. Les textes de l’EEG encadrent la convocation d’un Synode extraordinaire et la vacance du pouvoir, mais ne prévoient pas clairement le cas d’un scrutin contesté débouchant sur deux légitimités concurrentes.

C’est là que la responsabilité du gouvernement prend tout son sens. Puisque le ministère de l’Intérieur exerce une tutelle sur les affaires cultuelles, son rôle ne peut se limiter à suspendre, encadrer ou menacer de nouvelles mesures administratives. Il lui revient aussi de créer les conditions d’une médiation réellement consensuelle, afin que la prochaine consultation ne reproduise pas la crise actuelle. Organiser une nouvelle élection sans régler les désaccords sur les règles du jeu reviendrait à déplacer le problème. Quel corps électoral ? Quelles candidatures ? Quelle instance de supervision ? Quelle procédure de recours ? Quelle autorité sera reconnue par tous pour proclamer les résultats ?

Le gouvernement doit garantir le cadre sans fabriquer la légitimité. En cas d’échec du dialogue, c’est aussi la crédibilité du dispositif de médiation qui sera engagée.

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