Au Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP), on ne ferme jamais vraiment la porte. On peut la claquer, il y aura toujours moyen de retrouver le chemin de la maison. Souplesse militante ?
Après avoir occupé l’actualité à la suite de la démission de son troisième vice-président, sur fond de polémique autour d’une publication likée sur les réseaux sociaux, le parti de Michael Moapa Koho a effectué sa rentrée politique le week-end écoulé.
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Occasion pour son président de rappeler, non sans ironie, que les départs ne sont pas nécessairement définitifs. “La énième démission de notre 3ᵉ vice-président. Nous voulons commencer par le féliciter pour sa nomination, aussi lui assurer que les portes de notre formation politique resteront ouvertes à la fin de cet épisode comme il est déjà revenu par le passé”, a-t-il dit.
Au RDP, les démissions auraient donc presque valeur de congés renouvelables. On s’en va puis on revient quand l’épisode est terminé. À ce rythme, le parti pourrait presque instituer un abonnement avec sorties et retours illimités ! L’ironie est d’autant plus savoureuse que le RDP entend incarner une “troisième voie”, fondée sur le réalisme, la responsabilité et l’exigence. “Il ne s'agit pas de s'opposer pour s'opposer. Il s'agit de reconnaître ce qui avance, et dire avec sérieux ce qui reste à faire. Notre rôle n'est ni de flatter pour plaire ni de critiquer pour exister : il est de servir, de proposer et de faire avancer le Gabon”, assure Moapa Koho.
Un discours exigeant, mais qui invite à regarder ce qu'il se passe derrière les portes du parti, tant cette rentrée politique, marquée par l’installation d’un nouveau bureau et des ambitions de remobilisation, pose une question : comment prôner la responsabilité et la constance dans le débat public lorsque l’engagement interne semble parfois aussi fluctuant ?
Entre les allers-retours, il faudrait que le RDP sache où il veut conduire sa maison car le parti fondé par Alexandre Sambat n’a pas toujours été cette formation aux portes battantes. Depuis la disparition de son fondateur, il peine à retrouver son lustre d’antan et semble aujourd’hui condamné à gérer ses entrées et ses sorties. Une manière, peut-être, de garder la porte ouverte quand les grandes heures, elles, semblent encore loin.
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