Aller au contenu principal
Société & Culture

Médecins résidents : le flou autour du statut

Mouvement de grève des médecins résidents

Les faits remontent au 18 avril 2026. Ce jour-là, une femme enceinte arrive au Centre hospitalier universitaire d'Owendo (Chuo), sa poche des eaux déjà rompue, mais point de contractions, apprend-on. L'interne de service en gynécologie la reçoit et déclenche le travail selon le protocole, indique le collectif des médecins résidents surpris en train d'observer un piquet sous les arbres en face dudit hôpital. Mais des complications surviennent. Selon les résidents, l'interne prévient le médecin senior. Une césarienne est alors pratiquée. La mère et le nouveau-né décèdent malheureusement. L'interne est par la suite affectée au Centre hospitalier universitaire de Libreville (Chul). Mais "l'incident" n'est pas clos.

Il y a un mois, la famille de la défunte porte plainte. La procédure va suivre son cours jusqu'au 7 août dernier, lorsque l'interne est placée en détention provisoire. Elle a juste le temps, avant qu'on ne lui retire son téléphone, d'envoyer l'information à ses collègues qui montent au créneau, estimant ne pas être suffisamment protégés par le système. Le samedi 8 août, ils cessent toute activité intrahospitalière faute d'explications sur la situation de leurs collègues arrêtées.

Dans la même journée, ils sont convoqués par le chef de service du Chu d'Owendo. "L'échange fut houleux, nous avons été clairement menacés", confient les médecins résidents. De nombreuses questions subsistent : pourquoi la résidente et la sage-femme sont-elles les seules à être détenues ? Quelle responsabilité revient au médecin senior intervenu dans la prise en charge ? Où commencent et s'arrêtent les responsabilités respectives du résident et du médecin encadrant ? Quelle protection juridique pour le résident ?

Derrière ces questions, ils posent aussi des conditions avant toute reprise de service : la libération de leurs collègues et la clarification du statut juridique du résident par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur.

--

À lire aussi : Élections professionnelles : le rapport remis au président Oligui Nguema

--

Du côté de l'administration du Chuo, aucune déclaration officielle sur l'affaire. Le dossier relève désormais de la procédure judiciaire. Une source proche de l'administration accepte toutefois de livrer quelques éléments, sous couvert d'anonymat.

Selon elle, la patiente serait arrivée dans un contexte obstétrical déjà fortement compliqué avec une grossesse au-delà du terme, une rupture des membranes évoluant depuis plusieurs jours, une absence de contractions efficaces et une anémie sévère. Une rupture utérine serait ensuite survenue, entraînant une hémorragie. La mère serait décédée malgré une transfusion sanguine et des manoeuvres de réanimation.

À la suite du décès, la famille aurait été reçue. Des audits du décès réalisés et les services compétents du ministère auraient également été saisis. Puis, environ un mois plus tard, la famille porte plainte. Commencent alors les auditions au terme desquelles seules deux personnes sont actuellement détenues. Pourquoi elles et pas les autres ?

Notre source proche ne connaît pas les raisons pour lesquelles ces personnes ont été retenues. ''Ce sont les OPJ et la justice qui peuvent déterminer pourquoi X et pas Y.'' Donc seuls eux peuvent y apporter une réponse...

Ajoutant que l'hôpital aurait accompagné les personnes auditionnées tout au long de la procédure, sans toutefois intervenir dans les auditions menées par les enquêteurs.

random pub

Sodipresse - Votre distributeur de presse
Face à L'Union
EDIG
image
Logo