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Chroniques

[Editorial] - Différend frontalier avec la Guinée équatoriale : la crise de trop !

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Alors qu’on pensait ne plus revivre un tel scénario entre les deux capitales, une fois de plus, le torchon brûle entre Libreville et Malabo. Et la raison est simple. La Guinée équatoriale, fidèle à ses habitudes, a choisi la désinformation plutôt que la transparence dans le dossier sensible Mbanié. En laissant croire que le Gabon aurait cédé ses territoires, elle a allumé une braise que les deux pays auraient pourtant tout intérêt à éteindre pour les raisons qui ont présidé, jusque-là, à l’ouverture des négociations pour une solution juste et équitable à leur différend. Notamment les relations entre les deux pays, la bonne entente entre leurs peuples et leurs dirigeants qui ont exprimé ouvertement leur volonté de parvenir à un règlement de cette affaire.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir avancé. Les discussions, menées sous l’égide de l’Union africaine, venaient d’aboutir à un accord – non pas sur le fond – mais sur un cadre conjoint pour poursuivre les négociations. Un progrès modeste mais réel, salué par les deux parties signataires. Jusqu’à ce que certains acteurs de Malabo, sans crier gare, décident de travestir la portée de cet engagement.

En manipulant les opinions publiques, en laissant entendre que le Gabon aurait tout bradé sur la base de l’arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ), ces autorités équato-guinéennes ont franchi une ligne rouge. Or, la réalité est tout autre, ce d’autant que la CIJ n’a jamais explicitement validé une quelconque cession des îles. Pis, dans sa lecture partisane, Malabo occulte soigneusement la souveraineté gabonaise sur une partie des villes d’Ebebiyin et de Mongomo. Une omission qui n’a rien d’un hasard mais qui en dit long sur les visées réelles des dirigeants de ce pays frère.

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À lire aussi : Différend frontalier avec la Guinée équatoriale : le Gabon suspend les négociations !

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Face à cette roublardise éhontée, Libreville n’a pas eu d’autre choix que de suspendre sa participation au processus. Non pas par caprice, mais par dignité. Car, tout indique que pour les autorités gabonaises, il est difficile, dans un tel contexte de trouble entretenu, de négocier avec un partenaire qui, à chaque étape, se livre à une interprétation biaisée des conclusions et distille des contre-vérités.

Raison pour laquelle, face à cette énième entourloupe à l’origine d’une crise dont les deux pays se seraient bien passés, le Gabon exige le retrait des déclarations mensongères et des garanties claires sur la bonne foi future pour revenir à la table des discussions. En attendant, la porte reste fermée jusqu’à ce que Malabo, qui détient la clé, agisse selon la lettre et l’esprit de l’Accord du 28 juillet 2026 signé à Addis-Abeba.

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