Après plusieurs jours de discussions entre administration et partenaires sociaux, la commission tripartite de la Santé a livré un diagnostic chiffré du retard accumulé dans la gestion administrative des personnels dudit secteur.
En effet, réunis du 18 au 22 mai 2026 au Centre hospitalier universitaire de Libreville (Chul) – et donc avant la restitution des conclusions le 28 mai –, représentants de l’État et partenaires sociaux ont tenté de mesurer l’ampleur des situations administratives en attente afin d’enclencher un vaste chantier de régularisation.
Premier dossier sensible : intégrations et engagements. La commission a recensé 3 890 dossiers concernés, dont 956 encore en traitement, avec pour objectif : un apurement progressif avant le 31 décembre 2026. À cela s’ajoutent des dossiers d’engagement destinés à permettre à des agents restés longtemps dans l’incertitude de clarifier enfin leur situation administrative.
Le rattrapage vise aussi les titularisations et avancements. Au total, 5 533 agents sont concernés, dont 4 486 dossiers encore à traiter. Pour accélérer le processus, les participants ont retenu un rythme de transmission de 500 dossiers par mois vers la direction de la Solde. En parallèle, la commission demande l’accélération des avancements automatiques, des reclassements liés aux stages réguliers et l’examen des situations particulières jugées irrégulières.
Le poids financier du retard apparaît également considérable. La direction de la Solde a recensé 4 877 dossiers de rappels représentant plus de 15 milliards de francs CFA. Dans le détail figurent 2 180 avancements automatiques, 1 568 intégrations, 411 reclassements et 163 engagements contractuels. À la date de fin mai 2026, 159 agents ont été mis en solde sur les 300 prévues pour cette année ; laissant encore 141 possibilités disponibles. Tandis que 175 matricules attendent toujours leur première prise en charge.
Les agents du ministère de la Santé en attente de postes budgétaires figurent aussi parmi les préoccupations. 450 sont concernés, tandis que 1 097 présalariés ont été recensés, dont 700 dossiers seraient déjà en traitement. Les travaux ont également identifié 1 141 agents issus de concours et 244 sortis de stage en attente de reclassement, ainsi que 479 agents diplômés de la main-d’oeuvre non permanente (MONP) dont la situation devra être examinée.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer le diagnostic en actes. La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a insisté sur la nécessité d’accélérer les traitements tout en préservant les équilibres budgétaires.
La ministre de la Santé, Pr Elza Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, a pour sa part annoncé la création d’un comité de suivi chargé d’accompagner la mise en oeuvre progressive des décisions arrêtées.
Quant aux syndicats, ils estiment que les chiffres communiqués donnent une mesure du retard à combler. Sur ce, ils estiment que seule l’application effective des engagements permettra de convaincre des agents longtemps confrontés à l’attente administrative.
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