Le retour du Gabon dans l’Agoa marque un tournant discret mais stratégique dans les relations entre Libreville et Washington. Suspendu, en effet, du programme commercial américain après le coup d’État d’août 2023, le pays retrouve finalement son accès préférentiel au marché des États-Unis par une décision signée le 19 mai dernier par Donald Trump. Officiellement, l’administration américaine estime que les autorités gabonaises remplissent de nouveau les critères politiques exigés par le dispositif, notamment en matière d’État de droit et de fonctionnement institutionnel.
Cette réintégration intervient après plusieurs signaux envoyés par Libreville. L’élection présidentielle d’avril 2025, remportée par Brice Clotaire Oligui Nguema dans le cadre de la transition, puis la levée des sanctions de l’Union africaine ont contribué à modifier la lecture américaine de la situation gabonaise. Washington considère désormais que le pays présente des garanties politiques suffisantes pour revenir dans le programme.
Mais la décision américaine ne répond pas uniquement à des considérations démocratiques. L’Agoa reste aussi un instrument d’influence économique et diplomatique. Dans un contexte de rivalités commerciales avec Pékin, les États-Unis cherchent à limiter leur recul sur un continent où la Chine s’impose comme partenaire majeur. Or, le Gabon occupe une position importante grâce à ses ressources minières, son pétrole et son secteur du bois transformé.
Pour Libreville, l’enjeu est économique. Le retour dans l’Agoa ouvre l’accès sans droits de douane à plusieurs milliers de produits exportés vers les États-Unis.
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