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Société & Culture

Rio-Venez-Voir : circuler sur cet axe devient un défi !

Axe-Rio-Venez-Voir

Dès l’entame, la route reliant le feu tricolore de la Peyrie à Rio en passant par Venez-Voir, donne le ton. Crevassée, bosselée, parsemée de flaques d’eau stagnante : elle ressemble davantage à une route forestière qu’à une voie urbaine.

En saison des pluies, la boue ralentit les pas, piège les roues et éclabousse les passants. Mais personne ne s’arrête, car au bout de cette route abîmée, il y a la vie : les commerçants (en majorité des femmes), ont progressivement quitté les espaces aménagés pour s’installer à même la chaussée.

Assises sur de petits tabourets ou accroupies derrière leurs bassines, elles vendent légumes, poissons et condiments à quelques centimètres des véhicules qui défilent. Et au fil des années, ce linéaire est devenu une "rue marchande" qui encombre la chaussée. Sans que cela ne gêne personne. Encore moins les autorités municipales qui gagnent en taxes imposées. Les piétons avancent à petits pas, contournant les étals et évitant les flaques. À leurs côtés, les pousseurs de brouettes surgissent, chargés de marchandises, se pressent lançant de "pardon, pardon !". Leur progression, rapide et parfois brusque, oblige la foule à se resserrer.

Au milieu de cette marée humaine, les voitures s’invitent tant bien que mal. Taxis et véhicules particuliers avancent au ralenti, dans un concert de klaxons devenu presque inutile, tant l’agitation et le brouhaha absorbent tout. La route est trop étroite. Sinon trop occupée pour céder facilement.

Aux heures de pointe, il suffit d’un arrêt, d’une brouette en travers ou d’un client hésitant pour que tout se fige. Les embouteillages s’étirent et les tensions montent. Conducteurs, commerçantes et piétons défendent chacun son espace, parfois au prix d’échanges vifs. Certains automobilistes renoncent, d’autres tentent des manoeuvres risquées. Et pourtant, au coeur de cette pagaille, une forme d’équilibre persiste : les vendeuses interpellent, les clients négocient, les brouettes circulent, les enfants se faufilent. Une organisation invisible, forgée par l’habitude, maintient ce chaos en mouvement. Mais à quel prix ? Car ici, tout se mélange : circulation, commerce, déchets et eaux stagnantes. Les denrées alimentaires côtoient parfois l’insalubrité. Exposant vendeurs et acheteurs à des risques sanitaires. Une proximité nocive.

Malgré les opérations de déguerpissement, les commerçants reviennent, faute d’alternative. Derrière chaque étal posé sur la chaussée, il y a une famille qui dépend de la vente du jour.

Comme quoi, entre Rio et Venez-Voir, la route n’est plus un lieu de passage : elle est devenue un espace de survie où l’on vend, marche et transporte, tout en prenant des risques chaque jour.

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