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Économie

BAD : 1 600 milliards de FCFA injectés au Gabon en dix ans

Alexandre Barro Chambrier, vice président de la République et les représentants de la BAD

En mission à Libreville du 8 au 15 mars derniers, la Banque africaine de développement (BAD) a dressé un état des lieux de son engagement au Gabon, marqué par un volume d’investissements sans précédent, mais aussi par des insuffisances persistantes dans la conduite des projets.

Sur la période 2015-2025, l’institution panafricaine a approuvé 20 opérations en faveur du pays, pour un volume global de 914,99 millions d’euros (soit près de 1 600 milliards de FCFA). Ces financements ont principalement ciblé les infrastructures, la transformation économique, le capital humain ainsi que l’appui à des secteurs à fort potentiel, notamment les mines et l’agriculture.

Cette montée en puissance se reflète dans l’évolution du portefeuille actif, passé de 11,64 millions d’euros en 2015 à 557,37 millions d’euros au 28 février 2026, soit une progression spectaculaire traduisant l’intensification du partenariat. Pour les autorités gabonaises, cette dynamique s’inscrit dans une vision partagée axée sur la valorisation des ressources et la diversification de l’économie.

Au-delà des volumes engagés, la BAD insiste toutefois sur la qualité de mise en oeuvre. Les échanges avec les membres du gouvernement, notamment en charge de la Planification, des Travaux publics et de l’Agriculture, ont mis en avant la nécessité d’accélérer les projets structurants, considérés comme essentiels pour soutenir la croissance et améliorer la connectivité du territoire.

Parmi ces projets figure le Programme d’appui au secteur des infrastructures au Gabon (PASIG 1), qui vise le désenclavement de certaines zones et le renforcement des liaisons régionales. Si les financements sont disponibles et les ambitions clairement définies, l’institution note des retards préoccupants dans plusieurs chantiers.

La BAD évoque ainsi des faiblesses récurrentes : lenteurs administratives, capacités opérationnel les limitées de certaines entreprises et insuffisances dans le suivi technique. Ces contraintes affectent directement le rythme d’exécution et exposent certains projets à des risques de non achèvement dans les délais contractuels.

On citerait, au nombre des faiblesses relevées, le chantier routier Ndendé-Doussala, dont les travaux n’affichent que 27 % de réalisation, alors que 62 % du délai contractuel s’est déjà écoulé (lire ci-dessous).

Face à ces constats, la Banque appelle à des mesures correctives immédiates, incluant une meilleure coordination des acteurs, une réorganisation des plans de travail et un renforcement du contrôle des projets. L'objectif est d'aligner le niveau d’exécution sur l’ambition des investissements engagés.

Au terme de cette mission, la BAD réaffirme son engagement aux côtés du Gabon, tout en posant une exigence accrue de résultats. Car au-delà des financements mobilisés, c’est désormais la capacité à transformer ces ressources en réalisations concrètes qui déterminera l’impact réel de ce partenariat sur le développement du pays.

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