L'Australie hausse le ton face aux géants du numérique. Le régulateur local a ouvert une enquête visant plusieurs plateformes, dont TikTok, Instagram et YouTube, accusées de ne pas respecter l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de seize ans. Une mesure radicale, adoptée en décembre, qui place le pays parmi les plus stricts au monde en matière de protection des mineurs en ligne.
Au coeur du débat, la responsabilité des plateformes. Celles-ci doivent désormais prouver que leurs utilisateurs ont l'âge requis, sous peine de lourdes sanctions pouvant dépasser 25 millions d'euros (16,6 milliards de francs). Malgré certaines initiatives, comme l'usage de l'intelligence artificielle ou la vérification d'identité, les autorités jugent les efforts encore insuffisants.
La responsable de la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, évoque des " inquiétudes sérieuses " et promet une application rigoureuse de la loi. Une position qui pourrait faire jurisprudence. Déjà, des pays comme l'Indonésie ou le Brésil s'engagent dans des démarches similaires, tandis que la France débat d'un encadrement renforcé.
Face à cette pression, les plateformes s'inquiètent. Certaines redoutent l’effet pervers de voir les adolescents migrer vers des espaces numériques moins contrôlés, donc plus risqués. D'autres, comme Reddit, contestent la loi, pointant des menaces sur la vie privée.
Entre protection des jeunes et libertés numériques, l'Australie ouvre donc là un front inédit, avec ce bras de fer qui pourrait redéfinir les règles du jeu à l'échelle mondiale.
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