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Faits divers & Justice

Procès Esther Miracle : de report en report !

Salle d'audience du tribunal de Libreville

Le procès de l'Esther miracle a accouché d'un poisson d'avril, hier, au Palais de justice de Libreville. Alors que les parties s'attendaient enfin à l'examen de ce dossier qui concerne le naufrage de ce navire au large de la Pointe-Denis, le 9 mars 2023, elles ont plutôt été renvoyées au mardi 7 avril courant.

Un énième renvoi consécutif à la sollicitation faite par Me Anges Kevin Nzigou, un des avocats des parties civiles, de récuser le président de céans. Une demande formulée sur la base de l'article 526 du Code de procédure pénale, aux termes duquel les dispositions de cette loi relatives à la récusation sont applicables devant les juridictions pénales. Mais aussi en conformité avec les dispositions des articles 329 et 330 du Code de procédure civile. Sans doute a-t-il soupçonné le magistrat d'avoir un intérêt dans cette affai re. Après une suspension de plus de 2 heures, le Tribunal de première instance de Libreville siégeant en audience correctionnelle a donc décidé du renvoi du procès à la semaine prochaine.

Ce à quoi s'est pourtant opposé le Ministère public, qui n'a pas manqué de demander "à qui profitent tous ces renvois". D'autant plus que tout le monde, qu'il s'agisse des prévenus ou des accusés, veut en finir avec un dossier qui dure depuis quasiment 37 mois. Mais la juridiction de jugement ne l'a pas suivi.

Dans sa démarche, Me Nzigou a également demandé le règlement de l'incident survenu lors de l'audience de janvier dernier. En effet, alors que tout allait bien avec la déposition d'une trentaine de survivants ayant fait le récit de cette nuit d'horreur, l'ensemble des avocats présents ont quitté la salle d'audience. S'insurgeant contre le refus du Tribunal de leur donner la parole.

Là encore, le Ministère public a jugé irrecevable cette requête. Il a estimé qu'elle émane d'"un pyromane qui crie au feu, car cet incident d'audience a été causé par les avocats".

Tout comme pour la demande de mise en liberté provisoire des personnes en détention préventive, le maître des poursuites pense qu'elle n'est plus d'actualité. D'autant que, selon lui, elle aurait dû intervenir à la fin de l'instruction de l'affaire et son renvoi devant la juridiction de jugement.

Les principaux accusés sont repartis à la maison d’arrêt de Gros-Bouquet. Parmi eux, Armand Blaise Mbadinga (patron de la société Royal coast marine), Fidèle Angoue Mba (exdirecteur général de la Marine marchande), Paul Mivinga (ancien responsable maritime de la province de l'Estuaire) ou encore Bernardin Endamane (à l'époque directeur de la Flotte à la Marine marchande). Leurs conseils dénoncent un maintien en détention au-delà des délais prescrits par le Code de procédure pénale.

L'accident de mer survenu il y a plus de 3 ans, a fait une trentaine de morts et 7 disparus, selon les chiffres officiels. Le bateau, qui voyageait dans la nuit en direction de Port-Gentil, transportait 200 personnes environ.

Les questions que l'on continue de se poser sont simples : le ferry était-il en bon état de navigabilité ? Les autorités de l'administration maritime compétente avaientel les connaissance d'une éventuelle avarie au moment de la délivrance des documents ? Quelles sont les mesures qui ont été mises en place pour secourir les naufragés ? À quel moment ont-elles été activées, sachant que le signal de détresse a été lancé à 3 heures ? Et qui devait activer ce système national de secours ?

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