La campagne de conversion des permis de conduire vers un format digitalisé, lancée par le ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, entend moderniser l'administration. Ainsi, depuis le 24 mars 2026, les titulaires d'un permis dans le Grand Libreville disposent de six mois pour effectuer cette mise à niveau. Faute de quoi, les anciens documents ne seront plus valables.
Mais au-delà de l'objectif affiché, plusieurs interrogations subsistent sur le coût et les modalités pratiques imposées aux usagers.
Les frais sont fixés à 10 000 francs pour la catégorie B et à 20 000 francs pour les autres catégories. Avec plus de 800 000 permis recensés dans la base nationale , l'opération pourrait générer plusieurs milliards de francs CFA, d'autant que certains conducteurs possèdent plusieurs catégories et devront s'acquitter des frais à plusieurs reprises.
Une autre question alimente le débat : pourquoi une opération relevant du service public s'effectue-t-elle exclusivement via des solutions de paiement mobile privées ? Le Trésor public reste pourtant la caisse officielle de l'État. Ce choix pose un problème d'inclusion pour les usagers ne disposant pas de mobile money ou d'un accès numérique adéquat.
Si l'État exige des citoyens le respect des règles et le paiement des taxes, il lui revient aussi de garantir accessibilité et équité. Beaucoup citent en exemple la digitalisation réussie de la Carte nationale d'identité par la Direction générale de la documentation et de l'immigration (DGDI), réalisée presque entièrement à distance. " Je me suis déplacé uniquement pour récupérer ma carte", témoigne un usager.
Moderniser l'administration est
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