Jeudi, dans les locaux de la "Maison Brice Clotaire Oligui Nguema", siège de Gabon 24, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjo, a présenté au corps diplomatique accrédité au Gabon et aux représentants des Organisations internationales, les orientations du gouvernement en matière de régulation des réseaux sociaux, marquées notamment par la tenue prochaine d'un Forum national.
C'était en présence de trois autres ministres : Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny (Affaires étrangères et coopération, chargée de l'Intégration et de la diaspora), Mark Alexandre Doumba (Économie numérique et digitalisation) et Pr Joséphine Elsa Nkana-Ayo-Bivigou (Santé). Cette initiative intervient plus d'un mois après la suspension, le 17 février 2026, par la Haute autorité de la communication (HAC), des plate formes : Facebook, TikTok et Instagram. Cela dans un contexte marqué, selon les autorités, par une montée préoccupante des "désordres informationnels" et la circulation de contenus haineux, diffamatoires et obscènes, jugés préjudiciables à la cohésion sociale et à la stabilité des institutions.
Biahodjow a rappelé le caractère conservatoire et proportionné de cette mesure prise dans le souci de la prévention. Tout en précisant que l’accès global à internet demeure intact. "Internet continue de fonctionner normalement", a-t-il souligné. La restriction ne vise donc pas l'ensemble des usages numériques.
Le gouvernement affirme ainsi agir en tant que garant de la paix sociale, face à des dérives susceptibles de fragiliser le vivre ensemble.
Mais au-delà de cette suspension, l’Exécutif entend surtout poser les bases d’une régulation durable. À cet effet, Le Conseil des ministres du 26 février 2026 a adopté trois ordonnances majeures.
La première porte sur la révision du Code de la communication de 2016, afin de l’adapter aux réalités du numérique. La deuxième concerne la réorganisation de la HAC, avec un renforcement de ses prérogatives en matière de contrôle et de régulation. Enfin, la troisième prévoit l’instauration d’un dispositif spécifique encadrant l’usage des réseaux sociaux, notamment à travers des obligations accrues pour les plateformes numériques opérant au Gabon.
Ce futur cadre juridique vise à responsabiliser les acteurs du numérique, tout en préservant la liberté d’expression que le gouvernement réaffirme comme un principe fondamental garanti par la Constitution. Il s’inscrit également, selon le ministre Biahodjow, dans une dynamique internationale de régulation des contenus en ligne.
La levée de la suspension dépendra désormais de l’issue des discussions engagées entre la HAC et les grandes plateformes numériques. Ces échanges doivent permettre de définir des mécanismes de modération adaptés au contexte gabonais.
Dans le même sens, les autorités soutiennent l’organisation prochaine d’un Forum national sur la régulation du numérique. Rencontre qui devrait favoriser l’émergence de mécanismes d’autorégulation citoyenne, en phase avec les valeurs culturelles de notre pays au-delà du seul cadre normatif.
Conscient des répercussions économiques de la mesure, notamment pour les acteurs dépendant des réseaux sociaux, Germain Biahodjow a reconnu l'ampleur des défis. Il en appelle à une coopération renforcée avec les partenaires internationaux afin d’accompagner le Gabon dans cette transition vers un espace numérique mieux encadré.
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