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Faits divers & Justice

Affaire BR Sarl : une énième rebuffade

Plaignants dans l'affaire de BR SARL

L'incertitude sur l'avenir judiciaire du dossier BR Sarl semble se corser. Les victimes de cette structure de microfinance n'en ont pas encore fini de scruter un horizon de plus en plus évanescent. Une décennie qu'ils courent après un hypothétique remboursement de leur argent estimé à 75 milliards de nos francs.

Et le rendu du Tribunal de commerce, hier, ne les rend pas plus optimistes. D'autant plus que cette juridiction a rejeté la plainte du CAP, le Congrès des agents publics, qui avait pris en main ce dossier avec l'espoir de parvenir à l'épilogue tant attendu.

L'irrecevabilité d'hier, quels qu'en soient les motifs, est venue encore doucher les prétentions pécuniaires de ces 18 000 personnes flouées, plus qu'au bord de la crise des nerfs. Certaines ayant même déjà perdu leurs vies, plombées par la durée des distorsions insaisissables d'une procédure qui, chaque jour, se révèle mouvante.

Dans cette affaire, il faut dire que "les fruits n'ont pas tenu la promesse des fleurs". Dithyrambiques, les professions de foi des responsables de BR Sarl ont aguiché des milliers de personnes qui, aujourd'hui, vivent sous un ciel d'airain. La décision judiciaire d'hier est une énième rebuffade qui vient conforter le sentiment d'une sorte de délaissement dans laquelle elles sont plongées durablement. Un camouflet, un de plus, pour réaliser à quel point l'issue judiciaire de ce dossier ne se profile pas à l'horizon. Ce qui décuple encore davantage leur désarroi.

Déjà, après cinq années d'une éprouvante attente, ces clients grugés avaient multiplié des initiatives dont celle de se saisir de la trêve sociale envisagée par le gouvernement pour tenter d'obtenir satisfaction, en espérant faire pression sur celui-ci. C'était en 2020. Il s'agissait de subordonner leur accord de la trêve au règlement de leur situation. À ce moment-là, l'on parlait du "remboursement des vic times avant la trêve sociale". Mais rien n'y fit.

En octobre 2024, le Tribunal de commerce avait accepté d'ouvrir ce dossier, ce qui a redonné du baume au coeur de la troupe désemparée. Mais l'aboutissement ne sera pas plus avenant et le désenchantement fut à nouveau manifeste.

Et c'est ce mauvais coton que filent, depuis, les victimes de la microfinance BR Sarl. Mûs par la volonté d'obtenir gain de cause, ils ont, à travers leur conseil, engagé une procédure contre les trois établissements bancaires (UBA, Orabank et Ecobank en opération avec BR Sarl), au motif du "manquement à leur obligation de vigilance en matière de conformité KYC, mécanisme de rigueur bancaire".

Cette initiative ne prospérera point, une banque défenderesse ayant débouté CAP pour "défaut de qualité à agir". Pendant 10 ans donc, 18 000 épargnants bernés croulent sous une insupportable chape de plomb.

L'illusion "des portes s'ouvrant puis se refermant sans dénouement" se renforce chaque jour. Il faut louer leur détermination. Confiants en leur conseil et au président du CAP, les victimes tiennent bon jusque-là.

Les facteurs de résignation consistant aux multiples défections des organes

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