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Société & Culture

Profession : vendeurs d’eau

Jeunes vendeurs d'eau au pk8

L’Aadage le dit si bien : "Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens". Une maxime que semblent avoir intégrée de nombreux jeunes Gabonais engagés dans la vente ambulante d’eau.

Ainsi, au PK 8, le commerce prolifère. En ce mardi ensoleillé, plusieurs jeunes sont en pleine activité. Ils prennent d’assaut les voies, proposant des bouteilles d’eau aux automobilistes. Dan, 20 ans, et Julien, 23 ans, font partie de ces nombreux vendeurs.

Dan jongle entre de petits boulots. En l’absence d’autres activités, il se rend au PK 8 pour ne pas rester oisif. Profitant de la chaleur accablante, il vend aux automobilistes de quoi se désaltérer. "Le commerce ne rend pas riche, mais il nourrit son homme", soutient-il. Les bons jours, il peut vendre jusqu’à 10 packs d’eau, les jours ordinaires, entre 3 et 4.

"Je suis vendeur par occasion. Quand je n’ai pas de bricoles, je descends ici au PK 8 pour vendre de l’eau", explique-t-il.

Julien est également au PK 8. Il vient de s’éclipser après avoir été interpellé par un client assoiffé. Employé dans une société de construction routière, il est actuellement en chômage technique, faute de chantier. Refusant de subir la situation, il s’occupe. Vendeur occasionnel lui aussi, il vend pour survivre et subvenir à ses besoins.

Mais d’où vient cette eau proposée à la vente ? Comment leur est venue l’idée, dans un pays où l’on n’a pas l’habitude de voir de jeunes Gabonais exercer ce type d’activités... ambulantes ? Pour les réponses, direction le rond-point d’Awendjé. Ici, Kenny, 37 ans, revendique 3 années de vente d’eau et se présente comme le premier à avoir eu l’idée de vendre de l’eau aux automobilistes. Il évoque une vision, une sorte de révélation divine. Toujours est-il qu’il constate la difficulté, pour les automobilistes, de se garer afin de s'acheter une bouteille en boutique. Il décide alors de rapprocher l’eau des consommateurs. "Allez-vous renseigner, on vous dira que je suis le premier au PK 8 à avoir vendu de l’eau", affirme-t-il.

Aujourd’hui, il est installé au carrefour Awendjé, où il travaille avec une équipe de 7 jeunes qu’il rémunère journalièrement. Il vend, sans publicité, les marques Akewa et Origen, livrées selon lui par les responsables de zone des sociétés productrices.

Chaque matin, il reçoit 40 packs d’une marque et 80 de l’autre, écoulés dans la journée avec ses équipes. Une activité qui lui permet d’assumer ses charges et de payer ses collaborateurs. Se considérant comme un "créateur d’emplois", il estime d’ailleurs mériter les encouragements de l’État.

Quant aux revenus générés, Kenny reste évasif, préférant ne pas entrer dans les calculs, un sujet visiblement sensible pour lui. Désormais, il nourrit d’autres ambitions et dit utiliser ses revenus pour se projeter vers l’agriculture.

Si cette activité apparaît comme une débrouille salutaire, rappelant que ce type de commerce était jusque-là, surtout exercé par des jeunes venus d’autres pays, une question demeure : est-on certain qu’il s’agit bien d’eau minérale ?

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