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Chroniques

[Editorial] - Kouakoua : les défis du Patronat

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Alain-Claude Kouakoua prend les rênes de la Fédération des entreprises du Gabon. Son élection est un nouveau bail de confiance accordé au secteur, au moment où le pays mise sur le privé pour développer le tissu économique.

Le signal est clair. Il prouve qu'après la transition, l'intérim assuré, qui a quelque peu suscité aussi bien des doutes, des attentes et de l'espoir dans la dynamique, profitant aussi bien du rôle central joué par la FEG aux côtés du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le Patronat doit redevenir un acteur structuré, offensif, encore plus crédible.

Kouakoua arrive avec cette ambition, son profil de chef d'entreprise bâti de l'intérieur, brique après brique, habitué à affronter la concurrence des firmes étrangères milite pour lui. Ainsi que son rachat de Colas dans le BTP illustre bien l'ambition attendue qui est de bâtir des groupes gabonais capables de rivaliser et de s'expatrier.

Qu'on le veuille ou non, le contexte l'exige. Notre pays a besoin d'un tissu économique dense. Il faut créer des emplois, générer de la richesse, réduire la dépendance. Ces objectifs passent par des entreprises locales solides.

Le président Oligui Nguema l'a rappelé en indiquant que l'Etat veut doter le pays de majors nationales. BGFI, CECA-GADIS, SOGAFRIC en sont l'amorce. La mission de Kouakoua est d'élargir ce cercle, sans calcul ni exclusive, en accompagnant les patrons gabonais qui veulent grandir, accéder aux marchés et aux capitaux. Ils sont nombreux en salle d'attente, il faut donc agir vite et bien face à la percée des firmes étrangères qui, malheureusement, rapatrieront leurs capitaux, par la suite, après avoir obtenu tous les marchés au détriment des nationaux.

Bien plus que par le passé, la FEG doit parler d'une seule voix et défendre les intérêts de toutes les entreprises, PME comme grands groupes. Cela suppose un travail de fond qui passe par des réformes importantes, la structuration, la transparence, la capacité de proposition pour demeurer un acteur incontournable. Donc, un Patronat fort et utile pour l'Etat et non un simple relais. C'est un défi.

L'autre défi est de continuer, sinon, accroître son rôle dans la paix sociale. Respect des cotisations sociales, participation à la gestion des entités de sécurité sociale et assurance maladie, dialogue permanent avec les partenaires sociaux. Des dossiers qui requièrent une exemplarité non négociable, sachant que la survie de notre système social dépend aussi de la discipline et du sérieux des entreprises.

Après un intérim, Kouakoua dispose désormais d'un mandat pour bien marquer son passage. L'attente est simple, il faut moins de discours, plus d'actes. Plus de dynamisme sur l'échiquier des entreprises, plus de majors gabonaises, plus d'emplois créés, plus de contrats remportés à l'intérieur du pays comme à l'international. Ce nouveau mandat qui s'ouvre, si ces exigences sont respectées, doit conforter la FEG dans son rôle d'acteur incontournable de l'économie de notre pays. C'est tout le défi du Patronat.

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