Chaque année, l’État gabonais dépense pas moins de 50 milliards FCFA, voire le double, pour subventionner les produits pétroliers (essence, gasoil, gaz butane et pétrole lampant). Cette enveloppe, loin d’être négligeable dans l’assiette budgétaire, oblige le pays à moins investir dans d’autres secteurs stratégiques. En ajoutant donc 200 F CFA sur le prix actuel de l’essence (595 F CFA) et 150 F CFA sur celui du gasoil (575 F CFA), l e G a b o n s ' a l i gnerait sur ses voisins camerounais, centrafricain et sénégalais, qui l’ont fait avant lui.
Une chos e est sûre : au re g ard d e s tensions internationales, chaque pays qui subventionne a à l'esprit de réduire cette aide d’ici à la fin de l’année 2026. Pour le Gabon, cette éventualité pourrait être mise en oeuvre dans les prochains jours, selon nos informations. D’autant que la réflexion avait déjà été menée en novembre 2025.
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À cette époque, le gouvernement envisageait de lever les subventions sur le carburant au mois de janvier 2026, avant de faire marche arrière, indiquant vouloir " préserver l’équilibre économique et social du pays ". Même si pour de nombreux économistes, une suppression de cette aide " aurait provoqué une hausse des prix des carburants comprise entre 15 % et 30 % ".
Ce serait un risque, certes, mais un risque nécessaire pour un État qui a décidé d’accélérer sa transformation économique et son développement social. Comme c’est le cas en priorisant les chantiers de construction, en misant sur une éducation de qualité et sur un système de santé qui répond aux normes. D’autant que cette subvention semble profiter davantage aux ménages les plus aisés, selon le rapport de la Banque mondiale. Parce que dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), le Gabon est le pays qui applique les tarifs les plus bas, comparativement à ses voisins. Il se classe même 10e sur le continent.
Un bon élève pour les organismes internationaux qui recommandent malgré tout, à l’exemple de la Banque mondiale, dans sa revue économique 2026 " d’éliminer progressivement les subventions aux carburants et de réorienter ces ressources vers une protection sociale mieux ciblée ". Notamment pour les ménages les moins nantis. L’État doit donc faire des choix. L’heure n’est plus aux subventions tous azimuts. Il s’agit pour le gouvernement d’aider véritablement les ménages les plus faibles. Et en supprimant l’aide sur les carburants, cette économie pourrait véritablement les toucher.
Des spécialistes de la question sont unanimes : " une suppression brutale créerait une inflation. Cela se manifesterait par une hausse des prix et une baisse du pouvoir d’achat ". A contrario, cette suppression doit être progressive et assumée. De fait, le Gabon pourrait renforcer un registre social permettant d’identifier les ménages selon leurs revenus, leur composition familiale, leur lieu de résidence et leur vulnérabilité économique.
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