Aller au contenu principal
Chroniques

[Espace Santé] - Quand le médecin résident devient le coupable idéal

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à l'union

Dans cette affaire qui secoue actuellement le corps médical, dont les réseaux sociaux se sont emparés pour en faire leurs choux gras, le jugement paraît bien trop facile.

Nos condoléances à la famille de cette patiente et de son bébé. Il n’y a pas des mots assez forts pour consoler ceux qui viennent de perdre un être cher. Face à la mort, la douleur cherche souvent des réponses. En vain !

"Si seulement elle avait été prise en charge plus tôt, si seulement telle décision avait été prise ou si seulement le médecin avait pu faire davantage" : c'est toujours le "si" qui vient après un drame.

Pour l'histoire, une jeune résidente se retrouve actuellement sous mandat de dépôt après avoir été confrontée, selon les éléments rapportés, à une urgence obstétricale majeure. Une patiente arrive avec une rupture prématurée des membranes. Une décision doit être prise assez vite. Pour sauver deux vies. Et le médecin senior censé encadrer la résidente n’aurait pas été présent.

--

À lire aussi : [Espace Santé] - Grippe saisonnière : une visiteuse peu commode

--

Les résidents sont-ils des médecins en formation spécialisée ? Non, pas encore ! Ils apprennent, certes, mais ils ne devraient pas apprendre seuls au chevet des patients lorsque se présentent les situations les plus complexes. Pourtant, dans nos hôpitaux, et particulièrement dans les CHU – de Libreville et d'Owendo –, il n’est pas rare de les voir en première ligne, souvent contraints de prendre des décisions dont le poids dépasse parfois leur niveau d’expérience.

Et lorsque l’issue est tragique, il ne reste plus que le médecin face à la colère des familles et au tribunal des réseaux sociaux le qualifiant de "négligent", d'"incompétent", etc. Comme si la médecine était une science où chaque décision garantirait un résultat. Aborder ainsi le problème ne signifie pas minimiser la mort d’une mère et de son enfant. Cela signifie demander que toute la lumière soit faite. S’il y a eu faute, qu’elle soit établie. S’il y a eu négligence, qu’elle soit identifiée. Mais si le système a abandonné une jeune praticienne face à une situation qui exigeait la présence d’un senior, alors le véritable procès doit aussi être celui de ce système. Parce qu’un résident ne devrait jamais être le dernier rempart d’un hôpital.

Et à ses confrères, il ne suffit pas de réclamer sa libération. Il faut aussi demander : où étaient ceux qui devaient l’encadrer ? Où étaient les moyens ? Et pourquoi laisse-t-on encore des médecins en formation porter seuls des décisions qui peuvent engager des vies ? C'est toute la problématique !

random pub

Face à L'Union
EDIG
Multipress Gabon
image
Logo