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Politique

Gabon-France : un nouvel horizon

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

La visite d'Etat du président Oligui Nguema a dessiné le nouvel horizon des relations franco-gabonaises. Elle a marqué, indiscutablement, un tournant, après 42 ans d'absence d'une telle visite au plus haut niveau protocolaire, les deux pays ont décidé de construire un partenariat renouvelé, rompant avec les pratiques du passé pour instaurer un rapport d'egal à égal. Ce nouvel élan se décline naturellement au plan économique par cette détermination d'Oligui Nguema à rompre résolument avec cette logique d'exploitation de nos ressources par les firmes étrangères sans que le Gabon n'en tire réellement profit, par une transformation sur place de celles-ci. Or, pour lui, souverainiste bon teint, notre pays doit être maître de ses ressources. Après Assala, dans le pétrole, le défi de la transformation du manganèse acté lors de cette visite, s'inscrit dans cette dynamique.

On retient, que dans la capitale française, le président s'y est rendu, certes en partenaire souverain, comme il a dit lui-même, chez un de nos confrères français, mais pour un partenariat rénové, transparent et équitable. La preuve en est qu'au terme des discussions libres initiées par les deux pays, celles-ci ont débouché sur des acquis majeurs pour notre pays. La transformation locale du manganèse avec le groupe français Eramet, qui s'engage à investir pour augmenter ses capacités de transformation, avec un objectif de production fixé à 2031. Bien que ce soit un recul par rapport à l'échéance 2029 initialement souhaitée par Libreville, il s'agit d'une avancée majeure, toute de même, une victoire.

En effet, même si des ajustements peuvent intervenir de part et d'autre, même si d'aucuns auraient souhaité qu'on y obtienne davantage dans la mise en oeuvre, le Gabon, qui veut mettre fin à l'exportation de minerai brut, obtient un engagement fort sur la création de valeur ajoutée locale. Les modalités abordées doivent en définir les étapes. Un autre avancée porte sur la modernisation du Transgabonais, au centre d'un accord de financement via Proparco, a été signé pour la mise à niveau de cette opération. Abordé depuis quelques années déjà dans le cadre du désengagement des forces françaises, la rédéfinition du partenariat en matière de défense ne reste, pas moins, un autre acquis inscrit dans cette volonté gabonaise de rompre avec le passé, de rééquilibrer la coopération.

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A Paris, Oligui Nguema a manifestement, réaffirmé, tout aussi, la volonté du Gabon de poursuivre la diversification de ses partenaires (Chine, Turquie, Inde), pour, sans doute, ne plus dépendre d'un pays quelconque. Certes, la France reste un partenaire privilégié, mais elle ne saurait empêcher notre pays de s'ouvrir à d'autres partenaires. D'ailleurs, Oligui Nguema a bien insisté là dessus en indiquant que " hier Paris était le partenaire historique. Aujourd'hui, il y a plusieurs partenaires. Le Gabon est attractif, attire tout le monde et sera ouvert à tout le monde". ( ...). Le regard porté sur le Gabon, en particulier, et l'Afrique, en général, doit changer. Pour ce faire, il faut changer de paradigme si l'on veut que les choses changent. Ce message porté par le dirigeant gabonais a été reçu cinq sur cinq sur les bords de la Seine.

On retient au terme de ce séjour parisien, que le président Oligui a posé les jalons d'un partenariat économique plus équilibré, tout en amorçant une redéfinition de la relation sécuritaire. Les Gabonais qui ont suivi ce déplacement attendent désormais la concrétisation, voire les premières retombées en fonction des calendriers et étapes adoptés d'accord-parties. Pour un nouvel horizon, cette visite d'Etat en a bien défini les axes.

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