Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations alimentaires, soit 60 %, la feuille de route des 100 jours du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, portée par Pacôme Kossy et couvrant la période du 5 février au 15 mai 2026, s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la souveraineté alimentaire.
En effet, le secteur agricole ne contribue, selon les données, qu’à moins de 5 % du Produit intérieur brut (PIB), alors qu’il mobilise une part importante de la population rurale. De fait, le Gabon importe encore la majorité de ses besoins en produits de première nécessité (ri z , volai l le et produits carnés, notamment) dans un environnement où moins de 15 % des terres arables sont exploitées.
L’interdiction annoncée des importations de poulet de chair à partir de janvier 2027 accentue la pression sur la production locale. Structuré en 16 pages, le document décline cinq axes prioritaires : relance de la production nationale, transformation locale, santé animale, modernisation des infrastructures rurales et renforcement de la gouvernance. Pour les 100 jours, les engagements du ministre portent sur la mise en place de six fermes avicoles intégrées, la construction de tois provenderies et d'autant d'abattoirs, l’installation de 150 exploitations locales, ainsi que la création d’une banque nationale de semences.
L’État entend également mobiliser le secteur privé à travers des partenariats publics privés (PPP), des Appels à manifestation d’intérêt (AAA) et des Build-Operate-Transfer (BOT ) , afin d’accélérer l’investissement.
Mais ces ambitions peuvent-elles produire des résultats visibles dans un délai aussi court? Les incertitudes autour de la mise en oeuvre de la loi de finances limite la visibilité sur les ressources mobilisables et interroge la faisabilité budgétaire. La dépendance aux partenaires techniques et financiers extérieurs pourrait ralentir la phase opérationnelle, tandis que les réformes juridiques annoncées, notamment sur le foncier, exigent des délais plus longs.
Au-delà de la structuration du secteur, l’impact social demeure central. Cette feuille de route permettra-t-elle réellement d’améliorer les conditions de vie des Gabonais dans les prochains mois ? La création d’emplois annoncée sera-t-elle perceptible à court terme? Les producteurs bénéficieront-ils rapidement d’un accompagnement concret et les prix des denrées, notamment de la volaille, pourront-ils se stabiliser?
Au final, ce plan trace un cap stratégique cohérent et pose les bases d’une transformation structurelle de l’agriculture gabonaise. Mais entre ambition politique, contraintes budgétaires et attentes sociales, la réussite dépendra de la capacité du ministère à transformer les engagements des 100 jours en résultats mesurables.
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