Il aura fallu attendre le 3e jour de la fête des cultures pour découvrir cet art qui résiste à la disparition : le tissage traditionnel du raphia. Alors, pour raconter son histoire, Koussou le tisserand se prête au jeu. Sur son métier à tisser, il fabrique une bande de tissu de raphia. Il accroche une fibre de raphia à une sorte de grosse aiguille en bois, la tire sur le dispositif de bout en bout, remet ensuite l’aiguille, tire vers le bas et c’est fixé. Un geste précis, répété avec une étonnante maîtrise.
Mais comment Koussou maîtrise-t-il cet art ? De quelle région est-il ? Y sont-ils tisserands de père en fils ? Petite immersion au cœur d’un métier qui pourrait disparaître si rien n’est fait pour le valoriser.
Koussou est né et a grandi avec son grand-père, dont il était proche. C’est lui qui apprend le métier au jeune homme. Il l’exerce au début de son histoire durant les vacances scolaires pour aider à préparer sa rentrée.
" Moi, depuis enfant, j’étais plus proche de mon grand-père", raconte-t-il. Dans son village de Kona, près de Koulamoutou, dans la province de l’Ogooué-Lolo, la production de raphia est alors une véritable activité économique. " On était obligés de s’y mettre pour pouvoir préparer nos rentrées scolaires. Mais moi, je travaillais toujours avec mon grand-père. Et à la fin, il me donnait un petit 15 000 à la rentrée. J’ai travaillé, voilà. Et en même temps, j’apprenais le métier. "
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Les années passent. Koussou devient historien, mais ne renonce pas à ce savoir-faire transmis par son grand-père. " Je suis historien avant d’être tisserand. Mais je me dois de préserver cet art. "
Aujourd’hui, il tisse des pagnes de raphia d’environ un mètre de hauteur sur 65 centimètres de largeur. Il faut compter environ 10 000 francs CFA pour une pièce, contre 5 000 francs autrefois. Le métier peine donc à nourrir son homme.
" C’est une ressource économique, mais la clientèle est très lente. Vous pouvez tisser au moins 50 panneaux, mais pour liquider les 50 panneaux authentiques, vous ne pouvez pas les liquider. Si un client vient, il prend 2 voire 3, ça met un peu plus de temps. Mais voilà, malgré ça, on s’en sort. "
Et pourtant, Koussou continue de tisser. Parce qu’au-delà de la vente, il y a la transmission. Il y a cette volonté de maintenir en vie un savoir-faire hérité des anciens et aujourd’hui exposé à la disparition.
Installé à la Fête des cultures à l’initiative de la Chambre de métiers de l’artisanat, Koussou ne montre donc pas seulement comment se fabrique le tissu de raphia. Il rappelle surtout qu’un métier à tisser peut aussi être un morceau de mémoire.
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