Annoncée le 15 juin 2026 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, devant le Parlement réuni en Congrès, la suppression de l'indemnité de transport pour les agents publics bénéficiaires d'un véhicule de fonction et de commandement entre désormais en phase opérationnelle.
La direction générale du Patrimoine de l'État (DGPE), structure du ministère de l'Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargée de la Lutte contre la vie chère, a précisé le fondement juridique, les raisons et le calendrier de mise en oeuvre de cette mesure d'assainissement des finances publiques. Selon la DGPE, la décision du chef de l'État s'appuie d'abord sur la réglementation en vigueur.
La raison officielle est le principe de non-cumul. L'article 9 bis du décret n°00208/PR/MBCP du 28 octobre 2013 réglementant l'attribution et l'utilisation des véhicules administratifs dispose que " le bénéfice d'un véhicule de commandement ou de fonction proprement dit ne peut être cumulé avec l'allocation d'un élément de rémunération ayant vocation à compenser le transport de l'agent public ".
Or, l'indemnité de transport a été instituée par le décret n°404/PR/ MBCP/MFPRA du 20 août 2015 fixant le régime de rémunération des agents civils de l'État. Elle porte précisément et exclusivement sur la rémunération de base.
La raison budgétaire tient à la volonté de faire des économies dans ce domaine et d'assainir les charges de l'État dans un contexte de rationalisation des dépenses publiques. Dans un pays où la masse salariale pèse lourdement sur le budget, chaque économie compte.
La raison juridique vise une mise en conformité stricte avec la réglementation en vigueur afin de mettre fin à des pratiques de double avantage qui perduraient depuis plusieurs années. La suppression concerne tous les agents publics et parapublics qui bénéficient actuellement d'un véhicule de fonction ou de commandement, quelle que soit l'administration d'affectation. Ministères, Institutions constitutionnelles, établissements publics, sociétés à participations publiques : personne n'est épargnée.
Pour la DGPE, il s'agit de corriger une anomalie. Un agent qui dispose déjà d'un véhicule mis à disposition par l'État pour ses déplacements professionnels ne peut logiquement percevoir en plus une indemnité censée compenser ses frais de transport. Le gouvernement prévoit une démarche méthodique. Le recensement, qui est la première étape, va croiser des fichiers entre ceux de la DGPE, de la direction générale des Transports terrestres (DGTT), du ministère des Transports et de la Solde. L'objectif est d'avoir une meilleure visibilité sur l'ensemble des agents publics détenteurs de véhicules de l'État, qu'ils soient en plaque civile ou administrative.
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Ensuite, une correspondance officielle sera adressée aux secrétaires généraux des ministères et institutions pour qu'ils fournissent la liste exhaustive des bénéficiaires de véhicules de fonction ou de commandement dans leurs administrations.
Enfin, le secrétariat général de la présidence de la République sera contacté afin de mettre à disposition la liste des nominations à jour. Cela permettra d'identifier précisément qui est nommé à un poste ouvrant droit à un véhicule de fonction.
Deux mécanismes sont prévus pour garantir la réussite de l'opération. Un contrôle social avec la mise en place d'un numéro vert pour les dénonciations citoyennes et les audits internes. Techniquement, la suppression sera opérée par la Solde. Elle interviendra après la finalisation du croisement des données.
Au-delà du volet comptable, l'Exécutif veut marquer un acte d'équité et de rigueur dans la gestion des deniers publics. Chaque avantage doit reposer sur une base légale et ne pas constituer un doublon.
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