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Orphelinats : quand l'État menace de fermer ce qu'il n'a jamais vraiment soutenu

Orphelinat au Gabon

La déclaration de la ministre des Affaires sociales, le Dr Armande Longo-Moulengui, continue de susciter une vive polémique. En annonçant des descentes imminentes dans les orphelinats avec, à la clé, la fermeture des structures jugées non conformes, le gouvernement pensait sans doute afficher sa fermeté. Il a surtout réveillé une question embarrassante : où était l'État lorsque ces établissements luttaient seuls pour survivre ?

Personne ne conteste la nécessité d'offrir aux enfants des conditions d'accueil dignes. Mais réduire la protection de l'enfance à une logique de contrôle et de sanction apparaît comme une réponse simpliste à un problème profondément structurel. Les orphelinats ne sont pas nés du confort administratif. Ils existent précisément pour combler les insuffisances d'un système social incapable de prendre en charge tous les enfants vulnérables.

Fermer un centre en difficulté ne protège pas automatiquement les enfants. Cela revient souvent à les déplacer vers l'inconnu, voire à les exposer à l'abandon. Derrière chaque structure menacée, il y a des éducateurs engagés, des bénévoles épuisés et des responsables qui suppléent, depuis des années, les défaillances publiques.

L'opinion s'interroge donc. Peut-on exiger des normes sans fournir les moyens de les atteindre ? L'État ne peut se contenter d'inspecter et de fermer après avoir longtemps brillé par son absence. Protéger l'enfance exige davantage qu'une posture d'autorité. Cela suppose un accompagnement réel, des financements, un encadrement technique et une politique sociale cohérente.

Car protéger les enfants, ce n'est pas seulement fermer des portes. C'est d'abord empêcher qu'ils se retrouvent sans toit lorsque celles-ci disparaissent.

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