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Société & Culture

Réseaux sociaux au Gabon : enfin le retour à la normale !

Germain Ngoyo Moussavou, président de la Haute autorité de la communication (HAC)

Tout ce qui a un début a une fin ! Après huit mois de silence numérique et de recours massif aux VPN – Virtual private network ou Réseau privé virtuel –, le Gabon, par le biais de la Haute autorité de la communication (HAC), vient enfin de décider de renouer, normalement, le contact numérique avec le monde.

La décision de lever la mesure qui interdisait, depuis février 2026, l'utilisation des plateformes numériques : Facebook, TikTok, LinkedIn…, en République gabonaise, est finalement tombée samedi dernier, 24 octobre 2024, après une séance plénière extraordinaire présidée par Germain Ngoyo Moussavou, et dont le communiqué officiel en résultant, a été lu par le porte-parole de cette instance régulatrice de la communication, le conseiller membre Jean-Claude Franck Mendome.

Cette levée de la suspension redonne ainsi, aux nombreux utilisateurs nationaux la possibilité de renouer enfin, par les "moyens normaux, appropriés et légaux", le fil du dialogue avec le reste du monde. Actant ainsi, officiellement, un retour normal des choses après la décision du gouvernement, prise le 17 février 2026, qui justifiait cette suspension par la "montée inquiétante des désordres informationnels : diffusion massive de contenus diffamatoires, haineux, obscènes et injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, à la cohésion sociale et à la sécurité nationale".

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Aujourd'hui, c'est un grand ouf de soulagement que poussent les milliers d'utilisateurs locaux. Mais pour sortir de cette impasse numérique, qui "menaçait la stabilité du pays", la HAC avait fixé deux conditions non négociables, qui semblent aujourd'hui réunies. D'une part, le renforcement et/ou le durcissement de l'arsenal juridique. Le 26 février 2026, l'Exécutif prenait, en Conseil des ministres, trois ordonnances structurantes, dont celle portant le n°0011/PR/2026 encadrant strictement l'usage des plateformes numériques en République gabonaise. Ce texte a été ratifié à travers la loi n°003/2026 du 5 octobre, qui organise la réponse administrative et judiciaire face aux fake news et instaure un régime inédit pour les contenus générés par l'intelligence artificielle (IA).

D'autre part, le gouvernement attendait que les géants du numérique acceptent de coopérer. Ce qui a été fait, apprend-on. Puisque TikTok, Meta et YouTube ont noué une collaboration active avec la HAC, notamment avec la mise en place de protocoles d'échange opérationnels et un accès direct aux outils de signalement en temps réel des contenus illicites (lire ci-contre).

Sur ce, pour affiner le dispositif et former les équipes locales, les délégations des deux premières plateformes suscitées sont attendues prochainement à Libreville. Satisfaite de ces avancées majeures, la HAC, réunie en plénière extraordinaire au quorum atteint de ses conseillers membres, se réjouit du nouveau cadre jugé "plus sûr", et appelle les utilisateurs des plateformes numériques souvent querellées à plus de responsabilité et de maturité dans leurs échanges en ligne, afin de contribuer à l'émergence durable d'un "environnement numérique plus sain, constructif et respectueux des droits d'autrui".

Dans cette optique, il ne reste plus qu'à scruter l'horizon pour s'assurer que les comportements nuisibles d'hier ne reproduiront pas les mêmes effets en dépit des sanctions pénales désormais encourues.

Les uns et les autres utilisateurs de Facebook, TikTok, Linkedin sont donc prévenus. Car, en cas de récidive, il sera vain de chercher d'éventuels boucs émissaires. La seule chose qui vaille aujourd'hui, est tout simplement d'épouser ou de cultiver des comportements qui inspirent le respect de l'autre. Qui encouragent l'unité, la paix et le vivre-ensemble.

Autrement dit, la construction d'une Nation paisible où chacun doit savoir que sa liberté –même sous couvert d'anonymat– s'arrête là où commence celle de l'autre.

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