Réunis à Franceville à l'occasion de la 6e assemblée générale extraordinaire de leur association, autour du thème " Décentralisation pour une meilleure gestion urbaine afin de bâtir des communes fortes de la Ve République ", les 52 maires du Gabon ont formulé plusieurs recommandations. Primo, "que la décentralisation doit franchir une nouvelle étape et passer d'une décentralisation de principe à une décentralisation effective, permettant aux communes d'exercer pleinement les responsabilités qui leur sont reconnues par les textes". Secundo, " que cette nouvelle étape doit reposer sur une relation renouvelable entre l'État et les collectivités locales, fondée sur la confiance, la responsabilité, la contractualisation, la transparence, l'évaluation et l'obligation des résultats". Tertio, "que nous sommes prêts à assumer nos responsabilités parce que nous voulons contribuer davantage au développement de nos territoires et à travers eux, au développement de la nation".
En conséquence, ils ont émis treize souhaits fondamentaux. À savoir, un transfert effectif des compétences de l’État vers les collectivités locales, accompagné des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires ; le renforcement de l’autonomie financière, l’amélioration de l’exécution des budgets communaux et la modernisation des administrations municipales.
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À ces exigences s’ajoutent la professionnalisation des personnels communaux, la maîtrise de la planification urbaine et territoriale, la promotion du développement économique local et de l’emploi, ainsi que la digitalisation des services municipaux, notamment de la fiscalité.
Les élus locaux souhaitent également renforcer la participation citoyenne, la transparence et la redevabilité, instaurer des contrats pluriannuels de développement entre l’État et les communes, alléger les procédures de passation des marchés publics et faciliter la gestion budgétaire par l’ouverture de comptes à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Ils sollicitent par ailleurs une meilleure exécution des budgets et le paiement prioritaire de certaines dépenses communales.
Au-delà des revendications, les édiles reconnaissent leur responsabilité dans la réussite de la décentralisation. Ils s’engagent à améliorer la gestion financière, à maîtriser les dépenses, à mobiliser davantage de ressources propres et à promouvoir une administration locale performante, transparente et proche des citoyens.
"Nous ne demandons pas seulement davantage de moyens : nous demandons davantage de responsabilités", souligne la déclaration lue par l'hôte de ce rendez-vous, le maire de Franceville Fernand Paulin Joumas dit Salamba. Les élus acceptent ainsi le principe d’une obligation de résultats, assortie d’une exigence de bonne gouvernance et de reddition des comptes.
Pour ses signataires, cette déclaration ne doit pas rester une simple intention. Ils présentent une feuille de route proposant d’en faire un cadre politique de référence pour accélérer la mise en oeuvre de la décentralisation dans la Ve République. À cet effet, ils préconisent un dialogue structuré entre l’État et les communes afin de déterminer les mesures prioritaires, les responsabilités, les échéances et les mécanismes de suivi. Un dispositif interne à l’AMG devrait également permettre d’évaluer régulièrement les progrès accomplis et de rendre compte des résultats obtenus.
L'appel de Franceville interpelle l'État sur la concrétisation de la décentralisation.
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