La question Éducation parue dans le communiqué final du Conseil des ministres de jeudi dernier a laissé plus d'un internaute sans voix. Il s'agit précisément des résultats de l'enquête sur la santé en milieu scolaire, une étude d'envergure menée depuis octobre 2024 par le ministère de l'Éducation nationale et de l'Instruction civique, avec l'appui de l'Unesco.
Les chiffres révèlent une situation préoccupante sur plusieurs plans : comportements à risque, santé mentale, violences et état des infrastructures.
La santé mentale est le point le plus inquiétant du rapport. 74,3 % des élèves avouent un sentiment de solitude ; 64,3 % souffrent de troubles du sommeil ; 22,7 % ont sérieusement envisagé de se suicider tandis que 17,9 % déclarent avoir été victimes de violences et de harcèlement à l'école.
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Comportements à risque : 21,2 % des élèves ont consommé de l'alcool au cours du mois précédant l'enquête ; 29,5 % vivent une insécurité alimentaire à domicile et 39,7 % des 13-17 ans déclarent avoir déjà eu des rapports sexuels.
Des infrastructures sanitaires défaillantes. Moins d'un tiers des établissements dispose d'un mécanisme formel de prise en charge sanitaire. Les déficits sont majeurs en eau potable, assainissement, épuration et dispositifs d'hygiène des mains.
La réponse du gouvernement : le programme "École ZEN". En effet, face à ce constat, le ministère a obtenu l'accord du Conseil pour inscrire le programme national d'assainissement scolaire " École ZEN " dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. La crise psychologique semble être le coeur du problème. 74,3 % de sentiment de solitude et 22,7 % d'idées suicidaires chez des apprenants, c'est énorme. On est au-delà du "mal-être adolescent". C'est le symptôme d'un système où l'école n'est plus un lieu de protection sociale. Quand 17,9 % se disent victimes de harcèlement, de violences à l'école et que moins d'un tiers des établissements dispose d'une infirmerie ou d'un mécanisme d'écoute, l'élève n'a nulle part où se réfugier. Surtout lorsqu'il est issu d'un milieu défavorisé.
Alcool (21,2 %) et insécurité alimentaire (29,5 %) sont liés. On ne boit pas par vice à 14 ans, on boit souvent là où il n'y a pas de cadre, de cantine, d'activités encadrées. La sexualité précoce (39,7 % avant 17 ans) est une conséquence dans un contexte où l'éducation vacille.
L'infrastructure est le premier maillon faible. Le rapport le dit à demi-mot : pas d'eau potable, pas de toilettes, pas d'infirmerie. Comment demander à un élève de rester concentré, de se sentir en sécurité, de ne pas se sentir abandonné, si l'école elle-même n'offre pas le minimum vital ?
Les chiffres de ce rapport sont les conséquences, pas la cause. La cause, c'est une école qui a perdu depuis bientôt trois décennies sa fonction régalienne.
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