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Économie

Sucreries du Gabon : grève illimitée et risques de paralysie

Les salariés des Sucreries du Gabon sont en arrêt de travail depuis le début du mois.

Les Sucreries du Gabon traversent une zone de turbulences sociales. Depuis le 1er octobre 2026, le Syndicat des travailleurs du sucre (Sytrasuc), affilié à la Confédération syndicale des travailleurs du Gabon (CSTG), observe une cessation concertée et collective du travail, à la suite du préavis déposé le 18 septembre dernier. Dans une déclaration rendue publique le 2 octobre, le syndicat dénonce la dégradation des conditions de travail et réclame l’application de dispositions conventionnelles.

Au nombre des griefs figurent l’insuffisance des équipements de protection individuelle (EPI), le suivi médical jugé insuffisant pour les salariés exposés aux produits chimiques, l’absence du Comité de sécurité et de santé au travail, ainsi que la suppression de certains avantages sociaux.

Le Sytrasuc dénonce notamment la fermeture du foyer des travailleurs et le retrait de l’accès à l’économat. Il réclame également un plan annuel de formation, une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), ainsi que la mise en place de la Commission paritaire d’interprétation.

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Pour les syndicalistes, le contraste est difficilement acceptable entre les résultats de l’entreprise et la situation du personnel. Ils indiquent que la vente de sucre aurait généré plus de 7,43 milliards de FCFA entre janvier et septembre 2026. Le syndicat estime que la sécurité, la santé et les avantages sociaux doivent constituer une priorité.

De son côté, la direction générale assure la continuité de l’activité. Dans une note circulaire interne datant du 2 octobre, elle indique que le mouvement se déroule dans un climat pacifique et responsable, tout en garantissant la liberté de travail du personnel non gréviste. Les accès aux sites restent ouverts et les voies de circulation doivent demeurer libres.

Chaque responsable de service est invité à réorganiser le travail afin de maintenir les activités prioritaires. Un service minimum est notamment assuré au niveau du traitement des eaux, de la sécurité incendie, de la maintenance électrique et mécanique, de l’infirmerie et de certaines fonctions administratives. Dans l’exploitation agricole, le camion incendie demeure opérationnel.

La direction appelle au civisme et à la responsabilité de tous. Cette organisation ne règle toutefois pas le fond du conflit. La réunion du 1er octobre n’a pas permis de rapprocher les positions. Le Sytrasuc affirme que la direction a réduit l’ordre du jour à quatre points, laissant de côté trois revendications imporantes. Le syndicat fait état d’un constat de non-conciliation et d’un procès-verbal de carence.

Le conflit porte également sur la procédure disciplinaire contre le secrétaire général du Sytrasuc, Jasmin Armel Boumy. Le syndicat y voit une mesure d’intimidation et réclame son classement sans suite, ainsi qu’une garantie écrite contre toute sanction ou représailles visant les grévistes et leurs représentants.

La reprise est conditionnée à un protocole d’accord avec calendrier d’exécution, au classement de la procédure disciplinaire et à des garanties pour les salariés. En attendant, le dispositif de service minimum permet d’éviter une paralysie totale. Mais la persistance du conflit pourrait peser sur les revenus et les avantages des travailleurs, leurs ménages et, au-delà, sur la chaîne d’approvisionnement du sucre (lire ci-contre).

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