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Politique

Partis politiques : le mystère des 10 000 adhérents

Moment d’une rencontre des ministres de l’Intérieur et de la Réforme avec les partis politiques.

Le dossier de la mise en conformité des partis politiques pourrait prendre une nouvelle tournure. Derrière le haro sur le projet de modification de la loi adopté en Conseil des ministres le 18 septembre dernier se trouve une disposition particulièrement sensible : l’obligation de justifier de 10 000 adhérents pour chaque parti politique. Une des recommandations du Dialogue national inclusif (DNI), qui avait fait du nombre jugé trop élevé de partis au Gabon, l’un des problèmes à corriger. Après plusieurs propositions, le seuil de 10 000 adhérents avait été retenu parmi les moyens de limiter ceux sans réelle implantation.

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Or, c’est précisément sur ce point que le texte a connu un sérieux flottement. La loi promulguée le 27 juin 2025 a intégré cette exigence pour les partis existants comme pour ceux en création. La publication du 30 juin après correction de certaines "erreurs matérielles", l'a retirée. Cette séquence n’est d’ailleurs pas passée inaperçue au sommet de l’État. Lors de son adresse au Parlement réuni en Congrès, le 15 juin 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema s’était dit surpris de découvrir au Journal officiel une disposition contraire aux conclusions du DNI.

Cette différence entre les deux versions explique-t-elle le silence autour des résultats de l'opération de mise en conformité des partis ? Sur les 102 recensés, 69 ont déposé un dossier. Mais certains ont pu considérer qu’ils n’avaient pas à produire la preuve de 10 000 adhérents, cette obligation ne figurant plus, pour eux, dans le texte  finalement publié. Le gouvernement entend-il réintroduire cette disposition par voie législative ? La démarche renverrait au débat sur la conformité mais aussi à une question : une condition absente du texte applicable aux formations existantes peut-elle être réintroduite puis leur être opposée sans autre précaution ?

Le recours introduit devant la Cour constitutionnelle par le Parti républicain et démocratique (PRD) donne une dimension supplémentaire à cette controverse. Le président du PRD devrait être auditionné le 8 octobre. Mais au-delà du nombre de partis, c’est la manière dont la règle a été élaborée, modifiée puis appelée à être rétablie qui interroge. Comment l’exigence des 10 000 adhérents, présentée comme l’un des acquis du DNI, a-t-elle pu disparaître entre les deux publications ?

C’est probablement à cette question que devra d’abord répondre le débat parlementaire.

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