Vendre sur Facebook, encaisser par Airtel Money et livrer à moto. Le commerce en ligne explose à Libreville, mais derrière les stories Instagram, c'est un parcours du combattant pour les entrepreneurs et un Far West pour les clients.
Il devient progressivement le premier centre commercial du pays : le smartphone. Vêtements, mèches, cosmétiques, téléphones : tout se vend sur Facebook, TikTok et WhatsApp. Mais derrière cette vitrine rutilante, le secteur cherche encore ses règles du jeu.
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Les murs auxquels se heurte le e-commerce gabonais.
La connexion : le premier frein. L'accès à Internet reste limité pour de nombreux Gabonais, en particulier hors de Libreville. Coût des données élevé, coupures, débit faible : beaucoup de clients potentiels ne peuvent même pas charger une boutique en ligne. Résultat, les vendeurs ciblent uniquement les centres urbains. Payer, un casse-tête. De nombreux Gabonais ne possèdent pas de cartes de crédit ou de comptes bancaires. Le paiement se fait donc à 90 % par Airtel Money, Moov Money ou en cash à la livraison. Les vendeurs qui veulent créer un vrai site doivent bricoler pour intégrer ces solutions, et les clients restent méfiants : peur d'être arnaqués, peur de payer pour un produit qui n'arrivera jamais.
La douane : l'impôt qui tue la marge. C'est le sujet qui fâche. Pour vendre en ligne, il faut importer. Et là, les frais s'envolent. Un article acheté 30 000 FCFA en Chine peut se retrouver à plus de 80 000 FCFA une fois arrivé chez DHL ou Fedex à cause des droits de douane et du fret. Certains revendeurs expliquent que le prix final devient trois à quatre fois plus élevé que le prix fournisseur. Impossible d'être compétitif face à AliExpress.
La livraison : le maillon manquant. Les entrepreneurs doivent créer leur propre réseau de livreurs à moto, limité à Libreville. Pour livrer à Port-Gentil, Oyem ou Franceville, il faut passer par des transporteurs informels, avec des coûts exorbitants et aucun suivi. "Difficultés à créer un réseau interprovincial de transport efficace, coûts de transport tout aussi élevés".
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