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Politique

"Le chef de l'État ne s’est pas contenté de regarder, il a aussi pris des engagements"

Michel Régis Onanga Ndiaye, président de l'Assemblée nationale

L’Union• Quel est votre sentiment quant au séjour du président de la République dans la province de l'Ogooué-Maritime ?

-Michel Régis Onanga Ndiaye : Je dirais que c’est d’abord un sentiment de satisfaction, mais une satisfaction qui doit rester exigeante. Le président de la République est revenu chez lui à Port-Gentil où il a choisi de séjourner plus longuement. Il a vu la réalité de notre province. Il a rencontré les populations, les forces vives, les opérateurs économiques. Il a surtout pu mesurer directement les difficultés auxquelles les Ogmarins sont confrontés. Et je crois qu’il faut retenir une chose : le chef de l'État ne s’est pas contenté de regarder. Il a pris des engagements. Ce séjour marque donc un moment important de l'histoire de notre province. Elle est au centre des priorités nationales. C’est pourquoi je dirais : nous accueillons les engagements avec satisfaction, mais nous les accompagnerons avec exigence. Notre responsabilité, est de faire en sorte que les engagements pris soient effectifs. J’en appelle donc à l’unité et à la solidarité des filles et fils de la province. Car, un gouvernement se juge à ce qu’il laisse derrière lui.

Des engagements ont donc été pris, mais il y a comme un doute au sein de l’opinion au regard de la lenteur des travaux lancés en avril dernier. Y a-t-il des garanties supplémentaires ?

-Le Conseil des ministres a annoncé un effort prévisionnel de 30 milliards de FCFA sur cinq ans pour l’Ogooué-Maritime : 7 milliards apportés par l’État, auxquels doivent s’ajouter 11 milliards issus des mécanismes PID-PIH de Perenco et 12 milliards mobilisés par TotalEnergies. Je tiens à remercier et à féliciter l’engagement du président de la République pour l’Ogooué-Maritime. Mais je voudrais insister sur un point : 30 milliards annoncés, ce n’est pas encore 30 milliards transformés en réalisations. Il faut que chaque projet ait son financement sécurisé, son calendrier, son responsable et des indicateurs permettant de mesurer son avancement.

C’est d’ailleurs l’exigence qui a été posée au niveau gouvernemental. Le bilan à mi-parcours du séjour est celui d’une feuille de route désormais beaucoup plus claire. Lorsqu’on annonce 7 milliards de francs CFA pour une ville et qu’un certain nombre de travaux prennent du temps, il est normal que les citoyens demandent : où en sommes-nous ? Qu’est-ce qui a été réalisé ? Qu’est-ce qui reste à faire ? Je ne crois pas qu’il faille répondre à ces questions par des discours. La meilleure réponse au doute, c’est la transparence. Et la meilleure réponse à la défiance, ce sont les résultats.

N'avez-vous pas un rôle à jouer dans un tel contexte ?

-Moi-même, en tant que responsable politique de l’Ogooué-Maritime, je considère que mon rôle n’est pas simplement de dire que tout va bien. Mon rôle est aussi de porter la voix des populations lorsque quelque chose ne va pas. Nous soutenons les engagements pris pour l’Ogooué-Maritime. Mais nous voulons également que ces engagements soient exécutés. Soutenir ne signifie pas fermer les yeux. Les 7 milliards doivent donc être jugés non pas sur les annonces, mais sur les réalisations. Et avec le nouveau programme de 30 milliards annoncé sur cinq ans, nous avons une responsabilité supplémentaire : tirer les enseignements de ce qui n’a pas suffisamment avancé et faire en sorte que les nouveaux projets soient mieux suivis, mieux exécutés et livrés dans les délais.

En termes de pacte social, que faut-il retenir concrêtement ?

-Il y a d’abord la question de la voirie et de la modernisation de Port-Gentil. Il y a ensuite l’eau et l’électricité, qui sont des préoccupations quotidiennes pour nos populations. Sur l’électricité, il faut saluer le fait que la question ait été regardée directement sur le terrain. Pour une ville aussi importante, l’énergie est une question majeure. Sans électricité régulière, il est difficile de faire fonctionner correctement les entreprises, les commerces, les établissements de santé ou même les services publics. Il y a également les infrastructures sanitaires, les logements, les bâtiments administratifs, les marchés, les infrastructures universitaires et éducatives. Ainsi que la question fondamentale de l’emploi, particulièrement pour notre jeunesse. Ce que je retiens du séjour présidentiel, c’est justement le renforcement de cette exigence de suivi.

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