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Sur le Net

Les 1 700 milliards qui font trembler le Gabon

Le siège de la Cour des comptes.

C'est le chiffre qui a mis le feu aux réseaux sociaux au Gabon ces dix derniers jours. 1 700 milliards de FCFA. Pas 1 milliard. Pas 10. Mille sept cents milliards. Soit une part importante du budget actuel de l'État. Le rapport de la Cour des comptes a fuité sur internet, et depuis, les Gabonais ne parlent que de ça.

Sur TikTok, des influenceurs font les calculs. Sur Facebook, les listes présumées des concernés circulent. Sur WhatsApp, un seul message tourne en boucle : "Remboursez ou prison !".

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C'est quoi exactement ces 1 700 milliards ? Contrairement à ce que dit la rumeur, ce n'est pas de l'argent volé en 2026. C'est un stock de dette accumulée sur près de 30 ans, de 1994 à 2022, que l'État n'a jamais réussi à récupérer. La Cour des comptes, lors de son bilan du 1er septembre, a annoncé avoir mené 368 missions avec un taux d'exécution de 89,40 %. Résultat : des débets et des amendes prononcés contre environ 600 personnes physiques et morales. Des ministres, des comptables publics, des maires et présidents de conseils départementaux, des chefs d'entreprises privées payées sans avoir fait le travail.

Parmi les dossiers épinglés : la sécurité sociale, les évacuations sanitaires, le Fonds des Gabonais économiquement faibles et la CNAMGS, où la Cour a retrouvé un grand nombre de bénéficiaires indûment enregistrés.

Et la mesure la plus buzz de toutes, annoncée par le Premier président de la Cour sur Gabon 1re : "Femme, enfants, ou même époux. Les conjoints survivants, les enfants doivent répondre financièrement des faits ou des torts causés par le défunt. C'est la loi, elle est dure, mais c'est la loi". En clair : même mort, la dette reste. Les héritiers devront payer.

Et puis, le rebondissement qui fait encore plus buzzer. Alors que tout le pays attendait le début du recouvrement, coup de théâtre le 16 septembre à Port-Gentil : Alex Euv Moutsiangou, le patron de la Cour des comptes qui a porté les 1 700 milliards sur la place publique, est débarqué. Il est remplacé par Pamphile Moussavou Ibouanga.

Officiellement, aucun lien. Le communiqué ne donne aucun motif. Mais sur les réseaux, les Gabonais s'interrogent : "On vire celui qui veut faire payer ?"

Le nouveau Premier président hérite maintenant du dossier le plus chaud de la République : prouver que la Cour des comptes a de vraies dents, et que les 1 700 milliards ne resteront pas, comme pendant 30 ans, lettre morte. Le compte à rebours est lancé, les coeurs battent fort…

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