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Politique

Magistrature : le mea culpa du Synamag ?

Membres du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag)

Face à ce qu'il considère comme des attaques répétées touchant la crédibilité de l'institution judiciaire, surtout depuis le dernier Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) est monté au créneau le 2 septembre dernier. Par un communiqué signé de son président Landry Abaga Essono, le syndicat refuse catégoriquement que le corps judiciaire serve de ''cible'' pour masquer les dysfonctionnements globaux de la puissance politique.

Selon le Synamag, la détérioration de l'image de la Justice découle d'un discours orienté par l'Exécutif, tendant à rejeter la responsabilité des défaillances systématiques sur les seuls magistrats.

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Pour cette structure syndicale, le redressement de la Justice ne saurait se limiter à des simples déclarations d'intention. Landry Abaga Essono a rappelé que la restauration de la confiance nécessite des ''actes concrets, mesurables, et jusqu'ici obstinément différés''. Le syndicat égrène des revendications fondamentales : La construction de palais de justice dignes, une protection effective des magistrats dans l'exercice de leurs fonctions, le respect scrupuleux du calendrier du Conseil supérieur de la magistrature et l'adoption rapide des textes d'application en attente.

S'exprimant sur la question de l'intégrité, le président du Synamag a martelé que le corps judiciaire ''n'est pas plus corrompu que les autres administrations publiques ni que la classe politique''. Il a notamment souligné le paradoxe selon lequel la Justice n'a jamais géré les finances publiques du pays, secteur pourtant marqué par une gestion contestable.

Le syndicat dénonce une ''commodité politique" consistant à faire de la corruption judiciaire l'explication unique des maux nationaux. Il dénonce une asymétrie de traitement où l'appareil judiciaire est exposé aux griefs, tandis que d'autres secteurs administratifs directement comptables de la gestion financière échappent à une mise en cause équivalente.

Derrière ce qui s'apparente à une attaque en règle, ce syndicat reconnaît tout de même les travers qui gangrènent le corps judiciaire au Gabon. De ce fait, les sanctions prononcées à l'endroit de certains magistrats lors du récent conseil de discipline du CSM ne sont que la résultante d'une situation dénoncée par tous depuis belle lurette. Compris ainsi, l'on n'est pas loin d’un mea-culpa face à ses propres turpitudes.

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