Le 18 juillet dernier, le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) a remis au centre du débat une question : celle de la formalisation de la Charte de la majorité présidentielle. À Ntoum, à l’occasion de l’installation de ses structures de base, le parti d’Alexandre Barro Chambrier a plaidé pour l’aboutissement rapide de ce texte, présenté comme un instrument de cohésion, de concertation et d’efficacité entre les formations qui soutiennent le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette prise de position pose une question de fond : quelle majorité présidentielle le Gabon veut-il construire ? Mieux, quelle majorité construire avec l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), nouveau parti au pouvoir ? Une coalition de circonstance, rassemblée autour du pouvoir du moment, ou une alliance organisée suivant des principes clairs, des règles de fonctionnement partagées et des mécanismes de régulation ?
Attendue pour incarner une nouvelle étape de la vie politique nationale, l'UDB doit rompre avec les vieux réflexes. D'autant que par le passé, les majorités présidentielles ont souvent existé sans véritable structuration équilibrée. D’où des récriminations récurrentes : frustration face à la distribution des investitures, sentiment d’exclusion, impression d’être réduit à un rôle d’appoint plutôt qu’à celui de partenaire, etc.
C’est précisément pour cela que cette charte pourrait avoir un sens. Si elle est sérieusement pensée, elle peut fixer des principes de concertation, clarifier les rapports entre partenaires, organiser la répartition des responsabilités et prévenir les conflits avant qu’ils n’éclatent. Elle pourrait devenir une réponse politique possible à un problème ancien : la tendance des majorités à fonctionner sans partage réellement équilibré du pouvoir.
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L’UDB se présente comme un parti de refondation, de rupture et de rassemblement. Mais c’est justement dans ce type de moment que se joue la crédibilité d’un projet politique. Une majorité présidentielle ne se juge pas seulement à sa capacité à soutenir le chef de l’État. Elle se juge aussi à sa manière d’associer ses partenaires, de respecter ses équilibres et d’éviter la concentration du pouvoir, au risque de raviver les vieux réflexes de domination et de frustration.
La charte apparaît donc moins comme une formalité que comme une réponse politique possible à un vieux problème. Elle touche à la manière même dont le pouvoir se construit, se partage et se discipline. Elle ne résoudra pas à elle seule les tensions de la majorité, mais elle peut en définir les limites, les devoirs et les équilibres.
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