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Société & Culture

Eau : l’attente s’intensifie dans les quartiers

Distribution d'eau dans Libreville

Face à la crise de l'eau qui sévit dans le Grand Libreville, les autorités ont annoncé, dernièrement, un dispositif exceptionnel visant à contenter les nombreuses familles dans le besoin.

Pour cela, les Forces de défense et de sécurité, notamment le Génie militaire et les sapeurs-pompiers, ont été commis à la tâche de distribution d’eau dans les zones les plus touchées, aux côtés d’opérateurs économiques autorisés à reprendre leurs activités selon une nouvelle mercuriale fixée par le gouvernement. Le but étant de garantir un accès équitable à l’eau et d'éviter les dérives tarifaires. Ça c'est le côté mesures.

Mais côté terrain, la réalité est pourtant tout autre. Preuve, si dans les premiers jours, les camions-citernes des Forces de défense étaient visibles dans plusieurs quartiers de Libreville, Owendo et Akanda, leur présence semble aujourd’hui plus discrète. Voire invisible dans certaines zones.

De Mindoubé à Beau-Séjour en passant par Awendjé, les PK et bien d'autres quartiers, les riverains affirment n’avoir vu aucun camion depuis plusieurs jours. Pis, les livreurs privés, dont les activités ont été strictement encadrées, sont aussi devenus rares. Dans plusieurs quartiers, des familles se sont inscrites sur des listes, en précisant le volume et la nature des contenants à remplir, dans l’espoir de recevoir la visite des équipes de distribution. Mais l’attente se prolonge.

Les numéros verts mis à la disposition des populations, censés faciliter les demandes d’approvisionnement, suscitent de nombreuses frustrations. Les usagers dénoncent des lignes difficiles à joindre ou des réponses qui ne permettent pas de résoudre leurs besoins en eau.

C’est le cas d’une femme enceinte, installée dans un quartier privé d’eau depuis des semaines. Disposant d’un cubitainer, elle explique avoir contacté l’un des numéros verts afin de solliciter le remplissage de sa réserve, mais en vain. Selon son témoignage, les camions du Génie militaire privilégient les personnes munies de petits bidons de 10 litres.

"Faites comme les autres, procurez-vous des bouteilles et mettez- vous dans les rangs", lui aurait répondu son interlocutrice. Une réponse qu’elle juge difficilement applicable, son cubitainer étant impossible à déplacer sans moyens adaptés. Cette situation illustre les difficultés rencontrées par de nombreux ménages équipés de grandes cuves ou de réservoirs fixes.

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À lire aussi : Eau : le gouvernement abaisse le prix de la cuve à 4 000 francs
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Le sentiment d’incompréhension grandit au sein de la population qui, en grande partie, estime que les nouvelles dispositions ont profondément bouleversé un système qui, malgré ses limites, permettait à certains ménages d’être régulièrement approvisionnés par des livreurs privés, malgré le coût élevé de leurs tarifs.

"Avant, j’avais la possibilité d’appeler un livreur et de me faire livrer directement à domicile. Aujourd’hui, une semaine après la mise en place de ces mesures, je n’ai toujours pas une goutte d’eau dans ma cuve parce que je ne vois aucun véhicule des forces de l’ordre dans mon quartier et que les appels aux numéros verts ne me servent absolument à rien", déplore une maman visiblement dépitée.

Les jours passent, mais le stress hydrique ne faiblit pas. Tout au contraire, il s’intensifie à mesure que les réserves s’épuisent et que les solutions étalées tardent à produire leurs effets.

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