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Chroniques

[Espace Santé] - Paludisme : l'ennemi redoutable que le Gabon pensait avoir maîtrisé

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à l'union

"J’ai passé 48 heures de garde, 70 % de mes patients étaient atteints du paludisme". C'est le constat d'un médecin, qui a de quoi inquiéter, car depuis des semaines, les réseaux sociaux sont envahis d’avis de décès de personnes emportées par cette maladie.

Oui, le paludisme tue à nouveau au Gabon ! Et cette recrudescence n’a rien d’un hasard. Selon l’OMS, l’Afrique concentre 95 % des 282 millions de cas de paludisme enregistrés dans le monde en 2024. Pis, 95 % des 610 000 décès constatés la même année sont liés à cette pathologie, et les enfants de moins de 5 ans restent les principales victimes.

Au Gabon, plusieurs facteurs expliquent cette résurgence : la prolifération des eaux stagnantes, l’insalubrité grandissante, mais surtout le recul inquiétant des campagnes de prévention.

Il y a encore quelques années, la Croix-Rouge Gabonaise, la société civile et les pouvoirs publics multipliaient les actions de sensibilisation. Les équipes d’hygiène publique sillonnaient les quartiers à risque pour des opérations de désinfection et d’assainissement. Les distributions de moustiquaires imprégnées rythmaient régulièrement la vie des populations.

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Aujourd’hui, ces initiatives semblent appartenir au passé. Pendant ce temps, l’anophèle femelle, principal vecteur du paludisme, s’est multipliée et s’invite aisément dans nos habitations.

Le paludisme n’a jamais disparu. Il attendait que la vigilance s’endorme pour reprendre du terrain. Le gouvernement doit agir car le système de prévention est en train de montrer ses limites.

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