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Chroniques

[Espace Santé] - Cas Graciella Mamboundou : quand le harcèlement au travail devient un enjeu de santé publique

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à l'union

On ne saura peut-être jamais avec certitude ce qui se jouait derrière les murs du Centre interdisciplinaire de recherches médicales de Franceville (CIRMF). Ce que traversait réellement Graciella Mamboundou Maroga, 33 ans, retrouvée morte à son domicile de Franceville, emportera sans doute une part de mystère. Mais une chose est certaine : ce drame remet brutalement en lumière une réalité trop souvent passée sous silence, celle du harcèlement en milieu professionnel.

Pendant longtemps, l’attention a été portée sur les violences en milieu scolaire. Pourtant, dans les administrations (publique ou privée) et autres structures, de nombreux salariés vivent dans un climat de pression, d’humiliation ou de chantage permanent. Les femmes, en particulier, sont fréquemment exposées à des comportements déplacés. Dévorées du regard comme des proies, certaines se voient imposer des conditions inacceptables pour accéder à des postes de responsabilité : céder à des avances ou voir leur carrière bloquée.

Si quelques-unes parviennent à déjouer les manoeuvres de ces prédateurs sans compromettre leur dignité, d’autres sombrent dans une détresse profonde. Car le harcèlement n’est pas qu’une affaire de conflits professionnels, c’est aussi une question de santé.

Anxiété, insomnies, dépression, perte de confiance en soi, isolement social et, dans les cas les plus extrêmes, idées suicidaires : les conséquences psychologiques peuvent être dévastatrices.

Les révélations contenues dans la lettre attribuée à Graciella Mamboundou devront naturellement être vérifiées par la justice. Mais au-delà des responsabilités individuelles, cette tragédie pose une question collective : combien de femmes et d’hommes souffrent en silence sur leurs lieux du travail ?

Le cas Graciella Mamboundou rappelle que le harcèlement professionnel n’est pas un simple problème administratif. C’est aussi un problème de santé publique. Et le silence entretenu, qui continue malheureusement de faire des victimes, est une complicité tacite.

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