L'Union. Me Denis Mboumba, vous avez dernièrement été reçu par l’ambassadeur de Corée au Gabon. Avec une promesse de don de plastrons électroniques. Que représente cet outil pour la Fégatae ?
-Me Denis Mboumba : Depuis l’arrivée de S.E.M Shin Song Bum comme ambassadeur de Corée au Gabon, un réchauffement des relations entre la Fédération gabonaise de taekwondo et l’ambassade de Corée s’est tout de suite fait ressentir. Avec l’exhumation de la Coupe de l’ambassadeur de Corée après 26 ans d’absence dans les programmes annuels de compétition. M. l'ambassadeur a tenu à féliciter la fédération pour les efforts sans cesse renouvelés d’un modèle de management empreint d’exemplarité qui suscite l’admiration. Il nous a effectivement réaffirmé sa volonté de faire, dans la mesure du possible, à la Fégatae un don significatif de plastrons électroniques, ce qui va être une première au Gabon. Ce matériel permettra à nos athlètes de s’entraîner avec des équipements modernes utilisés lors des compétitions internationales, améliorant ainsi leurs performances. Nos athlètes ne pourront plus découvrir à l'étranger cet outil indispensable à la pratique du taekwondo.
Depuis que vous êtes à la tête de la fédération, le président que vous êtes organise sur fonds personnels des compétitions statutaires avec l’aide de vos partenaires. C'est une vraie gageure, n'est-ce pas ?
-L’unique subvention que la fédération a reçue date de 2022. Ce qui nous a permis de mieux nous organiser à cette époque en nous engageant dans la location d’un siège, son équipement et le recrutement d'une secrétaire permanente. Cela nous avait permis également de renforcer les capacités opérationnelles de nos ligues provinciales en leur octroyant 7 millions a et des équipements nécessaires à la pratique. Depuis lors, plus rien ! Nous avons été obligés de mettre en place un système d’organisation contributive financière en interne qui est composé de l’ensemble des membres du bureau exécutif et moi-même pour maintenir le cap. Occasion ici pour nous de remercier nos partenaires que sont OCT, Oprag, Moov Africa Gabon Télécom, Comilog et CGC grâce à qui ces compétitions sont rendues possibles en termes d’organisation.
Justement, depuis cinq ans, vous payez sur fonds propres la location du siège de la fédération ainsi que les diverses charges locatives. Allez-vous poursuivre cette aventure ?
-C’est très difficile de maintenir un tel défi. C’est un investissement personnel qui devient insoutenable. La fédération a besoin d’un siège pour fonctionner correctement et mener sa mission en toute responsabilité. Ce comité de gestion participative du bureau exécutif de la fédération que j’ai mis en place commence lui aussi à montrer des signes d’essoufflement, il nous faut donc un soutien financier pour surmonter ces difficultés d’ordre organisationnel.
Il y a un nouveau ministre des Sports. Quelles sont vos attentes ?
-Nos attentes sont énormes. C’est effectivement ce coup de pouce de la part des pouvoirs publics pour nous aider à continuer à assurer cette mission de service public, notamment la promotion et la vulgarisation du taekwondo au Gabon.
Parlons un peu de l’activité du taekwondo à l’intérieur du pays. Quels sont votre constat et vos projets pour 2026 ?
-Les ligues provinciales sont actives avec les mêmes limites que la fédération. La ligue de l’Estuaire a lancé son championnat senior et junior ponctué par une coupe qui va être organisée sous peu. Les ligues de l’Ogooué-Maritime et du Woleu-Ntem ont emboîté le pas, celle du Haut-Ogooué à Franceville et à Moanda a ouvert sa saison par un grand stage national d’arbitrage sous les auspices de la Fédération gabonaise de taekwondo. Dans quelques mois, ce stage va s’intensifier avec la venue d’un expert mondial qui viendra animer un stage d’arbitrage de haut niveau qui verra la participation des athlètes des 7 ligues provinciales.
La sélection nationale s’entraîne depuis quelques semaines en vue des Championnats d’Afrique des Nations à Rabat début avril prochain. Quelles sont vos chances de médailles au Maroc ?
-Les chances de notre sélection nationale sont élevées ! Le Gabon a déjà démontré son potentiel lors des championnats d’Afrique centrale de taekwondo à N’Djamena, au Tchad, où les athlètes gabonais ont remporté 12 médailles, dont 7 en or, 3 en argent et 2 en bronze. Nos sportifs ont démontré une grande maîtrise technique et une combativité impressionnante, ce qui les place en position de favoris pour les prochains Championnats d’Afrique à Rabat.
Le Gabon était absent aux Séries d’Abidjan faute de moyens. Qu’en sera-t-il pour Rabat en 2026 ?
-Lors de nos échanges avec le ministre en charge des Sports, l’occasion nous a été donnée de présenter nos compétitions annuelles. Les Championnats d’Afrique des nations d’avril prochain qui sont une compétition statutaire du calendrier mondial avaient constitué également la trame de nos échanges. L’autorité ministérielle nous a donné des garanties quant à notre participation à cette grande compétition. Donc je crois que sur ce point, aucune inquiétude ne peut être permise quant à la possibilité de la sélection gabonaise d'y prendre part.
Pour boucler cet entretien, que faut-il faire pour avoir d’autres Anthony Obame ?
-Investir résolument dans la discipline. Mettre en place un véritable écosystème sportif impliquant une volonté politique. Notre champion Anthony Obame, pour atteindre ce niveau d’excellence, vice-champion olympique, champion du monde, a dû bénéficier de stages de perfectionnement dans un centre de formation et de perfectionnement de haut vol, l’INSEP en France, qui lui aura permis de tutoyer des champions et de travailler avec d’autres virtuoses du taekwondo mondial. Or à date, nous n’avons aucun pensionnaire de cette envergure dans aucun centre de niveau semblable. Tout le monde évolue sur le plan local avec les limites connues de tous.
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