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Société & Culture

Santé : entre ambitions structurelles et arbitrages budgétaires

Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivougou, ministre de la santé

La feuille de route des cent jours du département Santé se veut structurante. Articulée autour de l’accès universel aux soins et de l’équité territoriale, de la digitalisation du système sanitaire et du renforcement stratégique des ressources humaines, elle affiche une volonté de transformation rapide d’un secteur miné par des dysfonctionnements chroniques. Mais en cent jours, peut-on réellement infléchir des maux aussi profonds, dans un contexte de contrainte financière ?

Sur le papier, les orientations sont cohérentes. L’amélioration de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire répond à une fracture sanitaire persistante entre centres urbains et zones rurales. La digitalisation, elle, ambitionne de fiabiliser l’information sanitaire et d’optimiser la gouvernance. Quant à la gestion des ressources humaines, planification, formation, redéploiement, elle constitue un levier essentiel dans un système où les déséquilibres en personnel qualifié sont patents.

Sur le plan infrastructurel, plusieurs projets en cours de livraison ou d’inauguration confortent l’image d’un secteur en mouvement. Toutefois, nombre d’entre eux ont été engagés avant l’arrivée de la ministre, Pr Elsa Ayo-Bivigou. D’autres restent à poursuivre, avec des implications budgétaires non négligeables.

C’est précisément sur l’arbitrage des priorités que le débat s’installe. Parmi les actions annoncées figure l’organisation d’un Forum national sur l’éthique, la déontologie et l’accueil dans les formations sanitaires, pour un coût estimé à plus de 59 millions de francs. L’objectif est louable : traiter les questions de transparence, de responsabilité et d’inégalités d’accès aux soins. À cela s’ajoute un audit interne sur l’accueil au CHU de Libreville, évalué à 2,6 millions de FCFA.

Mais au regard des urgences quotidiennes, pénuries de consommables, équipements de base défaillants, patients contraints d’acheter eux-mêmes un simple bistouri, la pertinence de certaines dépenses interroge. Après de nombreuses assises sur l’accueil en milieu hospitalier, l’heure n’est-elle pas davantage à la capitalisation et à la réallocation des ressources vers les besoins vitaux ?

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