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Chroniques

[Espace Santé]-SOPK : un mal silencieux qui touche de plus en plus de femmes

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à L'Union

Longtemps méconnu, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) s’impose aujourd’hui comme l’une des pathologies hormonales féminines les plus fréquentes.

De plus en plus de femmes en parlent, se reconnaissent dans les symptômes et brisent un silence longtemps entretenu. Au Gabon, selon de nombreux témoignages, certains professionnels de santé découvrent encore cette maladie, tâtonnent sur les traitements, tandis que d’autres patientes se tournent vers la médecine alternative, notamment des tisanes censées réguler le cycle menstruel et favoriser la fertilité.

À l’échelle mondiale, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le SOPK toucherait 8 à 13 % des femmes en âge de procréer et, pire encore, près de 70 % des cas ne seraient pas diagnostiqués. Les causes restent complexes et multifactorielles. On parle de déséquilibre hormonal, excès d’androgènes, résistance à l’insuline, facteurs génétiques et environnementaux.

Les manifestations sont multiples : cycles irréguliers ou absents, infertilité, prise de poids, acné sévère, pilosité excessive, fatigue chronique, troubles de l’humeur, anxiété ou dépression. Les conséquences vont bien au-delà de la fertilité, avec un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de troubles psychologiques.

C’est pour répondre à ce vide informationnel que Lysette Mouenie a créé la plateforme “SOPK Résilience” qui rassemble près de 1 500 membres. Voici son témoignage : "Le SOPK reste très peu connu et surtout mal compris au Gabon. Beaucoup de femmes sont diagnostiquées tardivement, parfois après des années d’errance. Moi-même, j’ai connu 12 années d’errance médicale".

Une errance marquée par la stigmatisation, la pression sociale et une prise en charge souvent limitée à la seule question de la maternité.

À travers "SOPK Résilience", Lysette accompagne les femmes via une approche holistique et naturopathique. "Car, explique-t-elle, les femmes atteintes du SOPK, vivent un mal-être profond et généralisé". Tant "ce syndrome touche tous les domaines de la vie", ajoute-t-elle.

Bonne nouvelle toutefois : la recherche avance. De nouvelles recommandations internationales encouragent une prise en charge globale intégrant nutrition, activité physique, soutien psychologique et suivi hormonal personnalisé.

Le SOPK n’est donc pas une fatalité. À condition d’en parler, de mieux former et de mieux écouter celles qui vivent avec.

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