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Chroniques

[Espace Santé] - Dépression : comprendre pour mieux agir

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à l'union

Pour ce nouveau jet, notre chronique santé met en lumière la dépression. Pathologie qui accable et déroute, mais encore incomprise et banalisée.

L’actualité récente, marquée par le décès de l’actrice sénégalaise Halima Gadji, a ravivé les débats et suscité une prise de conscience collective sur cette maladie. Preuve, et c'est une bonne nouvelle, que le voile autour de cette question se dissipe progressivement dans la société.

Considérée à tort comme une affection réservée aux Blancs, la dépression n'est pas "raciste". Elle touche tout le monde. Il y a la mère ou le père célibataire qui se bat chaque jour pour nourrir ses enfants, et qui s’endort chaque soir avec un poids dans la poitrine.

Il y a aussi le jeune diplômé au chômage, brillant, mais qui finit par se dire qu’il ne vaut rien parce qu'il n'a pas d'emploi. L’artiste ou la personnalité publique applaudie le jour, mais détruite par les critiques en ligne. L’homme ou la femme mariée, entourée, mais profondément seule, délaissée ou qui vient de divorcer. La liste n'est pas exhaustive.

Pour en savoir plus, nous avons recouru à l'expertise d'une psychologue clinicienne et psychopathologue, Mylena Magdala Bilemba Ngouengue-Yackamambou.

D’entrée de jeu, la spécialiste a levé l'équivoque : "La dépression n’est ni un caprice ni un manque de volonté. C’est une maladie qui résulte de plusieurs facteurs à la fois : biologiques, psychologiques et environnementaux".

Sur le plan biologique, ajoute-t-elle, certaines personnes présentent une fragilité génétique, un déséquilibre hormonal ou une perturbation des neurotransmetteurs. Entendez : ces "messagers" du cerveau qui régulent l’humeur, le sommeil et le plaisir.

Les causes psychologiques sont tout aussi déterminantes : pensées négatives, culpabilité excessive, sentiment d’échec, deuils non exprimés ou stress chronique peuvent progressivement conduire à un épisode dépressif. Car à force de porter un poids émotionnel trop lourd, l’esprit finit par céder.

Les signes sont clairs : tristesse durable, perte de plaisir et d'intérêt, pensées négatives, retrait social, fatigue généralisée, troubles du sommeil et de l’appétit, etc. Dans les formes graves, des idées noires ou suicidaires peuvent apparaître, nécessitant une prise en charge urgente.

Au Gabon, l’accès aux soins psychologiques est possible dans les hôpitaux, Centres de santé et structures privées. Grâce à la Cnamgs, une consultation coûte 1 500 F, contre 7 500F sans couverture dans les CHU.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 322 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde. Soit 4,4 % de la population mondiale. En Afrique, le taux de prévalence atteint 11,5 %, représentant plus de 20 millions d'individus. Des chiffres forts, qui rappellent l’ampleur de cette maladie silencieuse.

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