La scène est inhabituelle. Dans les colonnes de L’Union , la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a publié sur 16 pages le 6 mars, une liste de 2 676 abonnés de cinq localités du pays, sommés de régulariser leurs impayés sous 45 jours. Derrière l’initiative, le ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie dirigé par Philippe Tonangoye, qui tente de redresser une entreprise plombée par près de 97 milliards de FCFA de dettes. Sur le principe, difficile de contester la démarche. Un service consommé doit être payé.
Mais la méthode laisse perplexe. Car sur cette liste, de nombreux noms sont… incomplets. Ici un "M. Olivier", là une "Mme Rachelle", ailleurs un "M. Léonard". Suffisant pour semer le doute et, surtout, ouvrir la porte aux confusions. Face aux critiques, la SEEG assure que les personnes dont l’identité apparaît de manière incomplète seront directement contactées par ses services. Une précaution, dit-elle, pour éviter toute erreur.
Mais cette réponse soulève à son tour une question, si l’entreprise sait déjà qui sont les concernés, pourquoi publier des identités approximatives ? À vouloir afficher les mauvais payeurs sur la place publique, on finit surtout par exposer les failles d’un fichier client manifestement… incomplet. Et dans un débat déjà tendu autour de l’eau et de l’électricité, la transparence mérite sans doute mieux que des prénoms.
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