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Politique

Libreville : le pari encore fragile de la gouvernance municipale

Pierre Matthieu Obame Etoughe, maire de Libreville

Un peu plus de cent jours après leur entrée en fonction, les maires du Gabon sont attendus au tournant. À Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughe, installé le 17 novembre 2025, avait promis une rupture nette dans la gestion municipale. Environ quatre mois plus tard, les premiers jalons sont posés, mais les résultats peinent encore à produire un impact pleinement perceptible pour les populations. Dès sa prise de fonctions, il a affiché l'ambition d'instaurer une gouvernance modernisée, fondée sur la transparence et l’efficacité. "Je ne dévierai pas de cette trajectoire", a-t-il réaffirmé en mars dernier dans nos colonnes.

Sa feuille de route, définie par les plus hautes autorités, s’articule autour de plusieurs priorités : digitalisation des services, lutte contre la corruption, assainissement urbain, meilleure gestion des effectifs municipaux et amélioration du cadre de vie. Sur le front du numérique, les avancées sont notables. En collaboration avec l'Agence nationale des infrastructures numériques et de fréquences (ANINF), la mairie annonce un taux de réalisation proche de 70%. Cette modernisation a déjà permis d’identifier et de radier près de 300 agents fictifs, révélant l’ampleur des dysfonctionnements internes et marquant un premier pas dans la lutte contre les pratiques frauduleuses.

Autre chantier prioritaire : l’assainissement de la ville. Face à la prolifération de garages anarchiques, la municipalité a engagé une stratégie prévoyant la création d’une brigade dédiée au contrôle du domaine public, l’application de sanctions graduées et la mise en place de zones réglementées pour les activités de mécanique. Une approche qui se veut à la fois répressive et inclusive, avec un accompagnement des professionnels vers des pratiques conformes. Dans le même esprit, les opérations de libération du domaine communal ont été intensifiées. Mais sur le terrain, les résistances persistent, illustrant la complexité de réorganiser durablement l’espace urbain.

La gestion des marchés municipaux a également fait l’objet d’un réexamen, avec la mise en place d’une commission chargée d’assainir les concessions et de renforcer les exigences en matière d’hygiène et d’équité. Sur la question cruciale de la propreté, la mairie s’appuie sur la relance de la journée citoyenne, désormais organisée deux fois par mois dans les arrondissements. Si cette initiative favorise l’implication, elle reste insuffisante face à l’ampleur des défis environnementaux.

À ce stade, le bilan apparaît bien contrasté et en déçà des attentes. Des réformes structurelles sont enclenchées, mais elles tardent à convaincre plus d'un à l'Hôtel de Ville. Tout comme sur le terrain où les Librevillois tardent à voir l'empreinte de leur maire.

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