Au terme d'un long périple diplomatique l'ayant conduit tour à tour en Angola, à Djibouti, au Kenya, en Ouganda et au Rwanda, le président de la République, chef de l'État, Brice Clotaire Oligui a regagné Libreville, hier, dans une ambiance des grands jours. Vêtu d'une chemise pagne accessoirisée aux blasons des 9 provinces du pays, il a été salué par les présidents d'institutions, les membres du gouvernement et ses collaborateurs… en tenues pagne également. Comme pour attester que "le Gabon fait le choix d'assumer pleinement son identité culturelle".
Cette symbolique intervient dans un contexte où l'entrée en vigueur du décret n° 0215/PR du 6 mai qui institutionnalise désormais le port obligatoire, chaque vendredi, de la tenue africaine dans notre administration publique.
Le texte en précise l'application, les tenues autorisées et les sanctions. Et concernant justement les sanctions, l'article 5 dispose que le non respect de ces prescriptions peut entraîner un refus d'accès aux services pour l'agent sans préjudice des sanctions disciplinaires ultérieures.
Présent à l'aéroport, le ministre du Rayonnement culturel, Paul Ulrich Kessany, a donné dans son allocution le sens de cette mesure. Expliquant que le port de la tenue africaine dans l'administration publique est bien plus qu'un symbole vestimentaire, mais "un outil d'affirmation identitaire, de valorisation des traditions et de transmission culturelle à la jeunesse". Insistant sur la "fierté des racines", le respect de l'histoire et la nécessité pour le Gabon "d'assumer pleinement son identité culturelle".
Le membre du gouvernement a ajouté que cette mesure républicaine s'inscrit aussi dans une logique panafricaine.
Évoquant ensuite la tournée présidentielle dans plusieurs pays africains, il a parlé d'une "Afrique unie par le dialogue des cultures" et la coopération entre ses peuples. Citant ainsi la participation de plus de 150 acteurs culturels au Festival des musiques urbaines d'Anoumabo (Femua 18), comme illustration de la volonté du Gabon de renforcer son rayonnement culturel sur le continent noir.
Autre axe développé dans son discours : l'enjeu économique. Le membre du gouvernement établit un lien direct entre la promotion de la tenue africaine et le développement des industries culturelles et créatives. Il évoque les opportunités pour les stylistes, artisans, couturiers et créateurs locaux, tout en défendant le "Made in Gabon".
Sur ce, le passage le plus concret de son propos reste assurément le plaidoyer pour la création d'une unité de production textile "à l'image de la Sotega". Pour reconstruire une filière textile nationale capable de soutenir la production locale et créer des opportunités d'emplois, etc.
Une façon d'inscrire cette initiative dans la vision du "Nouveau Gabon", présentée comme fondée sur l'unité, l'inclusion, la transmission des valeurs et la valorisation du patrimoine culturel.
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