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Société & Culture

Insalubrité : quand le système de collecte montre ses limites

Les éboueurs de Clean Africa à l’ouvrage dans un quartier de Libreville

Tout est parti d’un constat. Libreville croule à nouveau sous le poids des ordures ménagères. Des tas d’immondices sont visibles dans plusieurs quartiers et s’accumulent au bord des routes, donnant à la cité une allure négligée. Comment en est-on arrivé là, alors même qu’il y a un dispositif de collecte censé fonctionner quotidiennement ?

Au siège de Clean Africa à Mindoubé, opérateur public en charge de la collecte des déchets dans le Grand Libreville –, ses responsables ont reconnu “la présence d’amas d’ordures dans plusieurs quartiers. Confirmant ainsi ce que les habitants et les médias observent depuis plusieurs semaines.

Selon Clean Africa, cet état de fait s'expliquerait par le non respect des horaires de sortie des déchets par certains habitants. Comportements jugés négligents. Tout comme le dépôt d’ordures en dehors des jours de collecte ou l’absence de tri.

Pour autant, l’opérateur assure que ses équipes sont à pied d’oeuvre. D’après sa directrice, Anémone Mengone, près de 300 agents et une trentaine de véhicules sont mobilisés chaque jour pour assurer la collecte. L’entreprise rappelle également avoir mis en place, depuis septembre 2024, un système de collecte de proximité avec trois passages hebdomadaires dans chaque arrondissement. Les camions sont censés circuler à partir de 18 heures, récupérant les déchets directement devant les habitations, avec des tournées espacées d’environ 48 heures.

Sur le terrain pourtant, certains habitants affirment ne pas voir ces camions passer régulièrement, notamment dans les quartiers populaires. Une critique que l’entreprise ne balaie pas totalement. “Nous passons sur toutes les voies carrossables accessibles à notre logistique”, explique la direction. Non sans reconnaître, toutefois, que des disparités de couverture peuvent exister en raison de l’état des routes ou de l’accessibilité de certains secteurs.

Autre difficulté : la décharge de Mindoubé, aujourd’hui saturée. Sur ce site, les déchets ne sont pas enfouis mais simplement déposés, ce qui complique le travail de ses équipes. Chaque jour, près de 800 tonnes de déchets doivent y être acheminées, dans un espace exposé à des risques d’éboulement.

Pour sortir de cette impasse, les autorités misent désormais sur le futur centre de traitement de Nkoltang. Situé sur la Nationale 1, à environ 28 kilomètres de Libreville, ce site de 75 hectares doit , à terme, remplacer Mindoubé et traiter les déchets des communes de Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum. Clean Africa affirme que les travaux d’aménagement ont déjà commencé et que le lancement officiel du projet interviendra prochainement.

En attendant cette solution durable, l’opérateur dit avoir institué ce qu’il appelle une collecte de veille, destinée à limiter l’accumulation des déchets. L’entreprise dit également optimiser ses circuits de ramassage et intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des populations. Reste, toutefois, à savoir si vraiment près de 700 tonnes de déchets sont réellement collectées chaque jour ? Vu que Libreville est en permanence submergée par les ordures.

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