Avec Geosignale, un jeune diplômé de l'INPTIC et de l'École nationale du cadastre transforme chaque citoyen en acteur de l'entretien urbain, sans photo, sans traçage, avec une précision de 4 à 6 mètres.
Libreville a ses maux bien connus : un nid-de-poule au carrefour, un tuyau de la SEEG qui inonde la chaussée depuis trois jours, un lampadaire éteint qui plonge un quartier dans l'insécurité. On les voit, on les contourne, on se plaint sur WhatsApp. Et après ?
C'est de cette frustration du quotidien qu'est né Geosignale, une innovation 100% gabonaise imaginée par Michel Banga Idagha. "Tout est parti d'une observation à Libreville. Je me suis demandé comment mettre en évidence ce problème sur une carte, comment apprécier l'efficacité des agents en charge, et comment donner à chaque citoyen la possibilité de signaler lui-même", explique le jeune inventeur.
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Le parcours de Michel est la clé de son innovation. Titulaire d'une licence en informatique option communication digitale à l'INPTIC et d'une licence en topographie à l'École nationale du cadastre et des sciences géographiques, il a fusionné ses deux passions : le code et la carte.
Le résultat : Geosignale n'est pas une application classique. C'est une PWA (Progressive Web App). Concrètement, pas besoin de la télécharger sur Play Store. Un simple lien web, un clic sur "Ajouter à l'écran d'accueil" et elle s'installe. Elle est ultra-légère, idéale pour nos connexions. Et, surtout, elle est redoutablement précise. Grâce à son expertise de topographe, l'application récupère un point avec une précision de 4 à 6 mètres. Pas d'adresse approximative. Pas de "vers le carrefour..." Des coordonnées exactes.
L'usage est volontairement minimaliste : pas de photo à prendre, pas de long texte. L'utilisateur choisit simplement le type d'alerte : nid-de-poule, tuyau percé, lampadaire, autres. En 10 secondes, le signalement est envoyé.
À l'heure du tout-surveillance, Geosignale prend le contre-pied. "On ne géolocalise personne à son insu. Il n'y a pas de photo, pas de traçage des déplacements, pas de données personnelles vendues. C'est l'utilisateur qui décide volontairement de signaler. On récupère uniquement les coordonnées et le type d'alerte", insiste son créateur.
Une approche qui résout un problème typiquement africain : l'absence d'adressage. À Libreville comme à Makokou, on peut signaler un problème sans avoir besoin d'une rue ou d'un numéro.
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