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Sur le Net

Neuf téléphones détruits à coups de marteau pour instaurer la discipline

Proviseur du Lycée Nelson Mandela

Le bruit du marteau sur les smartphones a fait plus de bruit que la sonnerie elle-même. Une vidéo qui circule depuis vendredi dernier sur les réseaux sociaux, relayée par plusieurs pages sur Facebook, montre un responsable du Collège Nelson-Mandela à Libreville en train de détruire, un par un, neuf téléphones portables saisis auprès d'élèves.

La scène, filmée dans la cour de l'établissement, a immédiatement coupé l'opinion en deux. D'un côté, les applaudissements : "Enfin un proviseur qui fait respecter le règlement !". De l'autre, l'indignation : "C'est de la destruction de bien privé, c'est excessif et illégal". Au Gabon, comme partout, le règlement intérieur de la quasi-totalité des lycées et collèges interdit l'usage du téléphone portable en classe.

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C'est une règle légitime. Elle vise à lutter contre la distraction, la triche, le cyberharcèlement et les enregistrements non autorisés. Le droit du chef d'établissement est donc de confisquer. Temporairement. De manière proportionnée. Avec restitution aux parents ou en fin de trimestre, rapport disciplinaire à l'appui. C'est ce que prévoient la plupart des règlements intérieurs.

Détruire neuf appareils, c'est un geste spectaculaire. C'est un message envoyé. Mais à qui ? À l'élève ? Il pourrait seulement retenir la violence du geste, pas la règle. Avec le risque de voir son proviseur non comme un éducateur, mais comme un justicier. En général, la sanction qui humilie n'éduque pas, elle révolte.

Le rôle de l'école est de former des citoyens responsables. Après cette destruction, l'établissement ne devrait-il pas convoquer les parents, organiser des ateliers de sensibilisation sur l'usage du numérique ?

Cette affaire n'est que le symptôme. Les proviseurs sont seuls. Face à des classes surchargées, à des élèves hyperconnectés, sans casiers pour déposer les téléphones à l'entrée, sans soutien clair de la tutelle.

Le débat n'est donc pas "Pour ou contre le marteau". Le débat est : comment faire respecter la discipline à l'ère du smartphone ? Il est urgent que le ministère de l'Éducation clarifie par une circulaire nationale la procédure unique de gestion des appareils numériques mettant en exergue l'interdiction absolue du téléphone portable.

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