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Société & Culture

Fonction publique : l'argument du mérite et ce qui risque de faire débat

Laurence Ndong, ministre de la fonction publique

Si le gouvernement présente la réforme comme un instrument destiné à récompenser le mérite et à améliorer les performances de l'administration, plusieurs zones d'ombre continuent d'alimenter les inquiétudes.

La première concerne l'objectivité de l'évaluation. Certes, la ministre assure que celle-ci reposera sur plusieurs niveaux – auto-évaluation, hiérarchie, usagers et commissions ministérielles – afin d'éviter les décisions arbitraires. Mais dans une administration où les relations hiérarchiques sont parfois conflictuelles, beaucoup s'interrogent sur les garanties réelles offertes aux agents. L'anonymat des évaluations suffira-t-il à prévenir les règlements de comptes ou les pressions ?

Autre interrogation majeure : les moyens de l'État. Laurence Ndong reconnaît elle-même qu'"on ne peut pas demander la performance sans en donner les moyens ". Or, de nombreuses administrations fonctionnent encore avec un déficit chronique d'équipements, de matériel informatique, de connexion internet ou même de bureaux adaptés. Dans ces conditions, plusieurs fonctionnaires estiment qu'il serait injuste de mesurer leur rendement sans avoir, au préalable, résolu ces insuffisances.

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La réforme pose également la question de l'évaluation par les usagers. Si cette mesure répond à une volonté d'améliorer la qualité du service public, certains redoutent que des appréciations dictées par la frustration, l'impatience ou des considérations personnelles influencent la carrière d'un agent. Les critères retenus et le poids réel de cette évaluation restent attendus.

De même, la confiance constitue probablement le principal défi de cette réforme. Le gouvernement affirme vouloir rompre avec les passe-droits et restaurer la valeur du travail. Pourtant, une partie des agents estime que l'exemplarité devra d'abord concerner l'administration elle-même. Les promesses de transparence seront observées à l'aune de leur application : les nominations, les promotions et les sanctions répondront-elles réellement aux mêmes exigences de mérite ? C'est sur ce terrain que la réforme sera, au-delà des textes, véritablement jugée.

Et, que dire du retour du concours comme principale voie de recrutement , du relèvement de l'âge limite de recrutement ou encore de la suppression de la catégorie C ! Autant de sujets qui feront assurément débat !

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