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Économie

Filière aurifère : le Gabon veut reprendre la main

Le ministre des Mines lors de son passage à la RGO.

"De l’or extrait à l’or souverain". C’est le thème qui a guidé, hier à Nkok, la visite de travail du ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, à la Raffinerie gabonaise de l’or (RGO). Au-delà de la découverte des installations, cette étape avait pour objectif de mieux connaître, contrôler, transformer et valoriser sa production aurifère.

En effet, inaugurée en juin 2023, la RGO occupe une place centrale dans ce dispositif. Réception, pesée, contrôle, raffinage, certification et stockage, la raffinerie concentre plusieurs étapes qui doivent permettre au pays de mieux maîtriser le parcours de son or. L’enjeu est aussi économique : transformer localement la ressource pour en conserver davantage de valeur.

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"Le Gabon ne veut plus simplement extraire son or : il veut en maîtriser toute la chaîne, de la mine au lingot, du lingot au stock stratégique et du stock au marché international", a déclaré le membre du gouvernement.

Pour lui, cette ambition passe d’abord par l’assainissement de la filière. Le recensement national des acteurs, réalisé en novembre 2025, puis l’audit interne engagé après la suspension des activités aurifères devraient permettre de distinguer les opérateurs conformes des situations qui nécessitent une régularisation ou un traitement juridique. De ce fait, un audit externe, conduit par le cabinet Talex, vient compléter cette démarche.

La traçabilité constitue l’autre chantier important. Il s’agit de mieux suivre les flux d’or, depuis son extraction jusqu’à sa commercialisation, afin de renforcer la lutte contre les circuits illicites.

Les opérateurs en règle doivent, eux, pouvoir reprendre leurs activités dans un cadre plus clair. Dans cette nouvelle organisation, la Société équatoriale des mines (SEM) est appelée à occuper une position stratégique. L’opérateur national doit devenir un véritable instrument de souveraineté minière et valorisation des ressources, aux côtés de la RGO pour la transformation et la certification.

"Notre ambition est claire : assainir la filière, transformer davantage au Gabon et conserver plus de valeur au bénéfice de notre économie nationale", a réaffirmé le ministre. La visite de Nkok aura ainsi permis de mettre en relief une réforme qui veut aller au-delà de la seule extraction. Avec la traçabilité, le raffinage local, la constitution d’un stock stratégique et une commercialisation mieux encadrée.

Une convention d'exploitation des mines d'or de Baniaka (Haut-Ogooué) et de Koumba (Ngounié) a également été signée entre le gouvernement et la Société équatoriale des mines lors de ladite visite. Pour rappel, la mine de Koumba couvre 160 km² et c’est un projet stratégique pour le pays. L'exploitation alluvionnaire a démarré en 2024 et la recherche pour l’or primaire est le principal objectif.

Lors de cette journée, le membre du gouvernement a levé la suspension de l'exploitation de l'or sur l'ensemble du territoire national.

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