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Faits divers & Justice

Esther Miracle : les regards désormais tournés vers le Tribunal

Tribunal de Libreville

Tout, ou presque, a été dit jusqu'à hier, dans la salle correctionnelle du Tribunal de première instance de Libreville à l'occasion du procès de l'Esther Miracle. Alors qu'il se rendait comme d'habitude à Port-Gentil, ce ferry a coulé au large de la capitale, dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 mars 2023. Le bilan officiel est connu : une trentaine de morts sur 161 passagers, de même que près de 20 personnes introuvables à ce jour. Mais aussi de la marchandise et l'épave du bateau qui restent coincés au fond de la mer.

Les plaidoiries des différents conseils et les réquisitions du Ministère public ont situé tout le monde sur ce que chacun attend de la juridiction de jugement. Tout en se remémorant cet accident, le pire qu'ait connu notre pays ceux sur la route survenus en 2003 à Massika et entre Ntoum et Kango en 2016 avaient fait respectivement 19 et 17 morts, alors que le crash d'un avion de Gabon Express en 2004 en avait fait 19.

Primo, les avocats des victimes, qui appellent le Tribunal à reconnaître la culpabilité des prévenus des chefs d'accusation de faux et usage de faux, de mise en danger de la vie d'autrui et d'omission de porter secours. Non sans plaider leur condamnation à des peines allant jusqu'à 5 ans de prison ferme, ainsi qu'à des dommages et intérêts oscillant entre 50 millions et 5 milliards de FCFA par personne.

Secundo, il y a les conseils des prévenus qui ont sollicité leur relaxe. Évoquant "une affaire dont la procédure a violé la loi". En l'occurrence le Code communautaire de la Cémac sur la marine marchande, qui recommande l'enquête nautique avant d'éventuelles poursuites judiciaires.

Tertio enfin, il y a le Ministère public qui a requis la condamnation des principaux accusés (Fidèle Angoue Mba, Armand Blaise Mbadinga, Bernardin Endamane et Zue Nguema) à des peines allant de 4 à 5 ans d'emprisonnement ferme et à des amendes allant jusqu'à 5 millions de FCFA.

La décision du Tribunal est donc très attendue. Elle sera connue le 28 mai prochain. Mais en cas de condamnation, qui prendra en charge les dommages ? À cette interrogation, les avocats des accusés et des victimes pointent du doigt la responsabilité de l'État qui a refusé de porter secours, alors qu'il a été informé de la détresse des voyageurs et des 11 membres de l'équipage du ferry Esther Miracle.

Selon Armand Blaise Mbadinga et Fidèle Angoue Mba, le ministre de la Défense de l'époque et son collègue des Transports ont été mis au courant dès la survenue de l'avarie. Tout comme le Premier ministre d'alors qui, a-t-on entendu, aurait torpillé l'enquête nautique. Mais personne n'aurait donné l'ordre à la Marine nationale, à la brigade nautique et à la garde républicaine d'intervenir. Cela aurait pu sauver plus de personnes. Voire tout le monde. C'est du reste ce qui a été dit lors de l'instruction du dossier à la barre.

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