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Faits divers & Justice

Esther Miracle : comme une omission de porter secours aux naufragés

Tribunal de Libreville

Finie la confrontation procédurale entre les avocats, le parquet de la République et le Tribunal de Libreville. Hier, le procès de l'Esther Miracle s'est enfin tenu. Une audience avec, pour l'instant, l'audition des parties civiles. Les rescapés qui racontent la nuit du drame, ce qui permet à la juridiction de jugement et au maître des poursuites de comprendre ce qui aurait été mis en oeuvre pour sauver la vie des passagers et l'équipage du navire. Lequel se rendait à Port-Gentil avec plus de 200 voyageurs et diverses marchandises, dans la nuit du 8 au 9 mars 2023. Mais qui a coulé à la suite d'une avarie. Glaçant, le récit des survivants à la barre a mis en lumière des dysfonctionnements criants dans les dispositifs de sécurité du bateau et au niveau de l'État. D'où la présomption d'une omission de porter secours.

Entre l'absence des membres de l'équipage lorsque l'explosion d'un des moteurs du ferry a été entendue, quand le navire perdait de la vitesse, l'annonce d'un retour urgent vers le quai du port môle et l'observation du bateau s'inclinant, tout semblerait indiquer que les passagers ont été abandonnés à eux-mêmes dans l'obscurité, par un équipage qui s'est sauvé au moyen d'un canoë. "Tout est allé très vite. Seuls un gendarme et le commandant adjoint du bateau ont demandé de porter les gilets de sauvetage", a raconté un rescapé qui n'est visiblement pas près d'oublier cette nuit-là.

La confirmation de l'omission de porter secours a été faite par un naufragé vivant. Une dame qui a courageusement porté à la connaissance du Tribunal que pendant que le bateau coulait et que certains passagers avaient réussi à le quitter, un Européen est venu leur dire qu'il les observait et semblait manifestement impuissant.

C'est dire que dans le cas de l'Esther Miracle, rien n'aurait donc été fait entre l'alerte de l'équipage (3 heures) et l'arrivée des secours (9 heures). Du coup, l'on pourrait naturellement s'interroger sur la responsabilité des gouvernants de l'époque.

Au reste, un avocat n'a pas manqué de pointer du doigt la défaillance des mécanismes de réaction étatique en pareilles circonstances. En plus des faiblesses du dispositif de secours à bord du navire dont les autorisations de navigabilité questionnent également.

Rappelons que le renvoi à hier, par le Tribunal de première instance de Libreville, de la tenue de ce procès est consécutive à la demande de récusation du président de la juridiction formulée par Me Anges Kevin Nzigou, un des avocats des parties civiles, qui invoquait des doutes sur l’impartialité du président de céans.

Les chiffres officiels de cet accident de mer font état de 30 morts et 16 personnes dont les corps restent introuvables jusqu'à ce jour. Les charges retenues contre les prévenus portent sur l'homicide involontaire, les blessures involontaires, l'omission de porter secours et ainsi que le faux et usage de faux.

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